Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) : procédure, coût réel et ce que le CSE va examiner

Le guide du PSE pour les dirigeants, DRH et DAF : seuils, motif économique, accord ou document unilatéral, calendrier, expertise du CSE, coût et trésorerie. Par Frédéric Janvier, expert-comptable, qui intervient chaque année dans une dizaine de PSE aux côtés des comités sociaux et économiques.

Plan de sauvegarde de l’emploi : une direction prépare la consultation du CSE et le chiffrage du PSE

L’essentiel en trente secondes

  • Quand un PSE est obligatoire. Dans une entreprise d’au moins 50 salariés qui envisage au moins 10 licenciements pour motif économique sur une période de 30 jours.
  • Comment il s’adopte. Par un accord collectif majoritaire, validé par la DREETS en 15 jours, ou par un document unilatéral de l’employeur, homologué en 21 jours. Le CSE est consulté, dans un délai de 2 à 4 mois selon le nombre de licenciements.
  • Ce que le CSE va faire. Se faire assister d’un expert-comptable, financé à 100 % par l’employeur, qui examinera le motif économique, les catégories professionnelles, le reclassement et la proportionnalité des mesures aux moyens du groupe.
  • Combien prévoir. Dans notre cas chiffré, 30 licenciements dans une entreprise de 220 salariés représentent près de 1,26 M€ et un besoin de trésorerie de près de 1,2 M€ au moment des départs. Estimez le coût de votre PSE et son impact sur votre trésorerie.
  • Le risque à anticiper. L’annulation de la décision administrative. Selon son motif, elle peut entraîner la nullité des licenciements, une indemnité d’au moins six mois de salaire par salarié, ou une simple régularisation si seule la motivation de la décision est en cause.

Pourquoi ce guide est différent. Les pages consacrées au PSE sont écrites par des juristes, des éditeurs de logiciels RH ou des sites destinés aux élus. Ce guide est construit à partir de notre expérience de l’expertise des PSE auprès des CSE : par notre structure dédiée, Experts CSE, nous intervenons chaque année dans une dizaine de PSE comme expert-comptable des comités sociaux et économiques, au titre de l’article L.1233-34 du Code du travail. Nous connaissons les documents examinés, les hypothèses contestées et les faiblesses qui fragilisent un projet. Nous mettons cette connaissance au service des directions, dans le respect strict de nos obligations d’indépendance et de prévention des conflits d’intérêts, avec une règle que nous nous sommes toujours imposée : ne jamais intervenir des deux côtés dans une même entreprise. Chaque mission fait en outre l’objet d’une vérification préalable des conflits d’intérêts et des obligations de confidentialité propres à chaque dossier.

Qu’est-ce qu’un plan de sauvegarde de l’emploi ?

En bref. Le plan qu’une entreprise d’au moins 50 salariés doit établir lorsqu’elle envisage au moins 10 licenciements pour motif économique sur 30 jours. Son objet est d’éviter les licenciements ou d’en limiter le nombre, et de reclasser les salariés dont le licenciement ne peut être évité.

Le plan de sauvegarde de l’emploi, l’ancien « plan social », est prévu aux articles L.1233-61 et suivants du Code du travail. Il est obligatoire dès que deux seuils sont atteints : une entreprise d’au moins 50 salariés et un projet d’au moins 10 licenciements pour motif économique sur une même période de 30 jours. Le Code prévoit aussi des règles anti-fractionnement : une entreprise qui enchaîne des vagues de licenciements de moins de dix salariés sur des périodes rapprochées peut se voir imposer un PSE pour la vague suivante.

Le PSE n’est pas seulement une liste d’indemnités. Il doit d’abord chercher à éviter les licenciements, par des mesures de reclassement interne, de réduction ou d’aménagement du temps de travail, de formation. Ensuite seulement, il accompagne les salariés dont le départ est inévitable : reclassement externe, aides à la création d’entreprise, congé de reclassement ou contrat de sécurisation professionnelle.

Un dispositif en forte activité

Selon la Dares, 177 PSE ont été validés ou homologués au deuxième trimestre 2026, concernant 12 900 ruptures de contrats. Le nombre de PSE initiés sur ce trimestre, 227, a augmenté de 32 % sur un an. Les procédures en préparation sont donc nettement plus nombreuses que l’an dernier.

Ne pas confondre. Le plan de sauvegarde de l’emploi n’a rien à voir avec le plan de sauvegarde de l’entreprise, issu d’une procédure collective devant le tribunal pour une entreprise en difficulté non encore en cessation des paiements. Pour cette procédure, voyez notre guide de la procédure de sauvegarde. Les deux peuvent se croiser, mais ce sont deux dispositifs distincts.

PSE, rupture conventionnelle collective, départs volontaires : quel dispositif choisir ?

En bref. Lorsque les seuils légaux imposent un PSE, celui-ci constitue le cadre obligatoire des licenciements économiques collectifs envisagés. La rupture conventionnelle collective, qui repose exclusivement sur le volontariat, ne peut pas servir à contourner cette obligation, et elle ne garantit pas le nombre de départs.

CritèrePSERupture conventionnelle collectivePlan de départs volontaires autonome
Motif économiqueObligatoireNon exigéObligatoire
Départs contraintsOui, par licenciementExclusExclus
AdoptionAccord majoritaire ou document unilatéralAccord majoritaire seulementDans le cadre de la procédure de licenciement collectif
Contrôle administratifValidation en 15 jours ou homologation en 21 joursValidation en 15 joursCelui du licenciement collectif
Critères d’ordre, reclassement interneOuiNonSelon le cas
Consultation du CSEOui, avec expertise financée par l’employeurInformation prévue par l’accordOui

Si la réduction d’effectifs peut reposer sur le volontariat et que l’entreprise n’a pas de motif économique à faire valoir, la rupture conventionnelle collective est souvent plus rapide et moins conflictuelle. Mais si les postes seront supprimés de toute façon, notamment en cas de fermeture de site, c’est un PSE qu’il faut mettre en œuvre : le Conseil d’État l’a jugé le 21 mars 2023 en refusant une RCC qui masquait des licenciements inévitables.

Un PSE peut aussi comporter une phase de départs volontaires, préalable aux licenciements. C’est fréquent, et c’est souvent ce qui permet de réduire le nombre de licenciements contraints, donc le risque social et contentieux.

Le motif économique : le préalable à tout

En bref. Le PSE suppose un motif économique au sens de l’article L.1233-3 : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, ou cessation d’activité. Il est apprécié au niveau du secteur d’activité commun aux entreprises du groupe établies en France.

Le Code du travail retient quatre motifs. Les difficultés économiques se caractérisent par l’évolution significative d’au moins un indicateur, comme une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires, des pertes d’exploitation, une dégradation de la trésorerie ou de l’excédent brut d’exploitation. La baisse des commandes ou du chiffre d’affaires s’apprécie, en comparaison avec la même période de l’année précédente, sur une durée qui dépend de la taille de l’entreprise :

Effectif de l’entrepriseDurée de baisse à constater
Moins de 11 salariésAu moins un trimestre
11 à 49 salariésAu moins deux trimestres consécutifs
50 à 299 salariésAu moins trois trimestres consécutifs
300 salariés et plusAu moins quatre trimestres consécutifs

Comme un PSE concerne des entreprises d’au moins 50 salariés, ce sont en pratique les deux dernières lignes qui s’appliquent. Ces durées ne valent que pour l’indicateur de baisse des commandes ou du chiffre d’affaires : les autres indicateurs, comme les pertes d’exploitation, s’apprécient librement. Les mutations technologiques, la réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité et la cessation d’activité complètent la liste.

Lorsque l’entreprise appartient à un groupe, le motif s’apprécie au niveau de l’entreprise si elle n’appartient pas à un groupe, et sinon au niveau du secteur d’activité commun à elle et aux entreprises du groupe établies en France. Le choix du périmètre est un sujet en soi : c’est précisément l’un des points qui ont été discutés dans le contentieux du PSE d’Auchan, sur lequel nous revenons plus bas.

Point essentiel pour le dirigeant : l’administration ne contrôle pas le motif économique lorsqu’elle valide ou homologue le PSE. C’est le juge prud’homal qui le contrôle, salarié par salarié, après les licenciements. Mais le CSE est consulté sur ce motif, et son expert l’analysera en détail. Un motif mal documenté ne bloque pas toujours la procédure, mais il fragilise chaque licenciement. Notre guide sur le motif économique de la rupture du contrat de travail détaille ces critères.

Accord majoritaire ou document unilatéral ?

En bref. Deux voies pour fixer le contenu du PSE : un accord collectif majoritaire, validé par la DREETS en 15 jours, ou un document unilatéral de l’employeur, homologué en 21 jours. Le contrôle de l’administration est plus approfondi sur le document unilatéral.

Accord collectif majoritaireDocument unilatéral
Qui le signeDes syndicats représentatifs ayant recueilli plus de 50 % des suffragesL’employeur seul, après consultation du CSE
Décision administrativeValidation, dans les 15 joursHomologation, dans les 21 jours
Contrôle de la DREETSRégularité de la procédure, présence des mesures, régularité de l’accordEn plus, caractère suffisant des mesures au regard des moyens de l’entreprise et du groupe
Ce qu’il peut couvrirLe contenu du PSE et, au-delà, les modalités d’information du CSE, les critères d’ordre, le calendrierLe contenu du PSE, dans le cadre légal
Risque socialPlus faible, puisque les syndicats ont signéPlus élevé

Une troisième voie est fréquente en pratique : un accord partiel, qui fixe une partie du contenu du plan, complété par un document unilatéral pour le reste. L’administration contrôle alors chaque partie selon les règles qui lui sont propres.

Dans les deux cas, le silence de l’administration au terme du délai vaut décision favorable. La décision est motivée et notifiée à l’employeur, au CSE et, le cas échéant, aux syndicats signataires. Les licenciements ne peuvent être notifiés qu’après la décision de validation ou d’homologation.

Un accord peut apporter davantage de sécurité et d’adhésion, mais son intérêt dépend des conditions de négociation, et il se discute avec des interlocuteurs qui ont eux aussi un expert. Ce qui le rend possible, dans les dossiers que nous voyons, c’est rarement le montant des indemnités seul : c’est la crédibilité des chiffres présentés, la cohérence du projet et la qualité des mesures de reclassement.

Que doit contenir le PSE ?

En bref. Des mesures pour éviter les licenciements ou en limiter le nombre, un plan de reclassement, des mesures d’accompagnement, et le cadre des licenciements : catégories professionnelles, critères d’ordre, calendrier. Le tout proportionné aux moyens de l’entreprise et du groupe.

BlocContenuLe point de vigilance
Éviter les licenciementsReclassement interne en France, réduction ou aménagement du temps de travail, départs volontairesUne liste de postes de reclassement précise et réelle
Reclassement externeCellule de reclassement, actions de formation, validation des acquis, aides à la mobilitéDes mesures concrètes, avec un budget et une durée
Création d’activitéAides à la création ou à la reprise d’entrepriseLes conditions d’accès et le montant
Dispositif légal d’accompagnementContrat de sécurisation professionnelle sous 1 000 salariés, congé de reclassement au-delàLe coût du préavis versé à France Travail ou de l’allocation
Catégories professionnellesLes ensembles de salariés exerçant des fonctions de même nature et supposant une formation communeUne définition artificiellement restrictive peut fragiliser le dispositif ou les licenciements
Critères d’ordreCharges de famille, ancienneté, difficultés de réinsertion, qualités professionnellesLeur pondération et leur périmètre d’application
CalendrierDates de licenciement, de mise en œuvre des mesuresLa cohérence avec la trésorerie

Dans les entreprises ou groupes d’au moins 1 000 salariés, deux obligations s’ajoutent : rechercher un repreneur en cas de projet de fermeture d’un établissement, et contribuer à la revitalisation du bassin d’emploi lorsque les licenciements l’affectent par leur ampleur.

Les documents à préparer avant la première réunion

En bref. Six dossiers, à réunir avant toute annonce. Ce sont ceux que l’expert du CSE demandera en premier.

DossierDocuments à réunirPourquoi
ÉconomiqueComptes, budgets, prévisions, évolution du chiffre d’affaires et de l’EBE, données du secteur d’activité du groupe en FranceJustifier le motif économique
OrganisationOrganigrammes actuel et cible, fiches de poste, analyse de chargeExpliquer les suppressions envisagées
SocialEffectifs, anciennetés, rémunérations, convention collective, accords d’entrepriseChiffrer les droits et simuler les critères d’ordre
ReclassementPostes disponibles dans l’entreprise et le groupe en France, compétences requisesDocumenter les possibilités de reclassement
FinancierBudget du PSE, échéancier, prévisionnel de trésorerieDémontrer la capacité à financer les mesures
Santé au travailÉvaluation des risques, organisation cible, charge des salariés restantsAnticiper les conséquences sur les conditions de travail

Les trente premiers jours de préparation

À titre d’exemple d’organisation, et non de calendrier légal, voici comment nous recommandons de séquencer la préparation, avant l’engagement formel de la consultation :

  1. Jours 1 à 7. Qualifier le motif économique, vérifier les seuils, examiner les alternatives (RCC, départs volontaires, activité partielle de longue durée).
  2. Jours 8 à 15. Établir l’organisation cible, les catégories professionnelles et les premiers chiffrages salarié par salarié.
  3. Jours 16 à 23. Construire les mesures sociales et le plan de trésorerie, tester la proportionnalité aux moyens du groupe.
  4. Jours 24 à 30. Finaliser le dossier de consultation, préparer les échanges avec les représentants du personnel et coordonner la communication interne et externe.

Qui fait quoi dans un PSE ?

ActeurSon rôle
DirigeantArrête le projet, le nombre de suppressions et le budget ; porte le projet devant le CSE
DRHPilote la procédure, les catégories, les critères d’ordre, le reclassement et la communication interne
DAFProduit les données économiques, le budget et le plan de trésorerie ; valide les hypothèses chiffrées
Avocat en droit socialSécurise la procédure, rédige l’accord ou le document unilatéral, prépare le dossier administratif
Expert-comptable de la directionConstruit et documente les chiffres, teste la proportionnalité, prépare les réponses à l’expert du CSE
CSE et son expertLe CSE est consulté et rend ses avis ; son expert l’assiste et peut aussi assister les organisations syndicales
Organisations syndicales représentativesNégocient et, le cas échéant, signent l’accord collectif portant PSE
DREETSSuit la procédure, formule des observations, valide ou homologue le plan

Les cinq chiffres à suivre chaque semaine

De la première réunion jusqu’aux départs, cinq indicateurs suffisent à piloter le dossier : le nombre de suppressions restant envisagées, le budget actualisé des mesures, les reclassements internes identifiés, le coût prévisionnel des ruptures et le besoin maximal de trésorerie. Chaque concession négociée doit être répercutée immédiatement sur ces cinq chiffres, pour savoir à tout moment si le plan reste finançable.

La procédure et le calendrier

En bref. Information de l’administration, deux réunions au moins du CSE espacées de quinze jours, négociation de l’accord si elle est engagée, dépôt de la demande, décision de la DREETS, puis notification des licenciements. Compter de trois à six mois entre l’annonce et les premiers départs.

Lecture du schéma : pour un projet de moins de 100 licenciements, le CSE rend ses avis dans un délai de deux mois au plus à compter de la première réunion. Ce délai passe à trois mois entre 100 et 249 licenciements, et à quatre mois à partir de 250. L’expert remet son rapport au plus tard quinze jours avant la fin de ce délai.

1. Préparer, avant toute annonce

Comptez quatre à huit semaines de préparation avant la première réunion. Le dossier présenté au CSE doit être complet dès cette réunion : motif économique chiffré, projet de réorganisation, nombre de suppressions, catégories, critères d’ordre envisagés, calendrier, mesures du PSE, et l’évaluation des conséquences du projet sur la santé et la sécurité des salariés qui restent, que l’administration examine aussi. Un dossier incomplet allonge la procédure, nourrit l’expertise et fragilise la décision administrative.

2. Informer l’administration

Le projet est déclaré sur le portail RUPCO, et l’administration est informée de l’ouverture d’une éventuelle négociation. La DREETS peut, tout au long de la procédure, formuler des observations ou des propositions auxquelles l’employeur doit répondre.

3. Consulter le CSE, négocier l’accord

Le CSE se réunit au moins deux fois, à quinze jours d’intervalle au moins, et rend deux avis : sur l’opération projetée et ses modalités, et sur le projet de licenciement collectif. Il peut, dès la première réunion, désigner un expert-comptable. En parallèle, si l’employeur ouvre une négociation, les syndicats peuvent se faire assister du même expert.

4. Demander la validation ou l’homologation

À l’issue de la consultation, l’employeur transmet l’accord signé ou le document unilatéral, avec les avis du CSE. La DREETS a quinze jours pour valider un accord, vingt et un jours pour homologuer un document unilatéral.

5. Notifier les licenciements et mettre en œuvre les mesures

Les licenciements sont notifiés après la décision. Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, l’employeur propose le contrat de sécurisation professionnelle après la décision de l’administration ; le salarié dispose d’un délai de réflexion de 21 jours, et en cas d’adhésion, le contrat est rompu à l’expiration de ce délai. Proposition, réflexion et rupture sont donc trois moments distincts, à intégrer dans le calendrier et la trésorerie. Au-delà de 1 000 salariés, c’est le congé de reclassement qui est proposé. Un suivi de la mise en œuvre est organisé avec le CSE, et un bilan de la mise en œuvre effective du plan est transmis à l’administration.

Ce que l’expert du CSE va examiner

En bref. Le CSE peut se faire assister d’un expert-comptable, désigné lors de la première réunion et financé à 100 % par l’employeur. Son rapport devient le document de référence de la négociation. Le préparer, c’est préparer sa propre négociation.

L’expertise du CSE dans un PSE est prévue à l’article L.1233-34 du Code du travail. Selon ce texte, l’expertise peut porter sur les domaines économique et comptable, ainsi que sur la santé, la sécurité ou les effets potentiels du projet sur les conditions de travail. En pratique, elle couvre donc quatre axes : la justification économique, le projet de réorganisation, les mesures sociales, et les conséquences sur les conditions de travail de ceux qui restent. Il remet son rapport au plus tard quinze jours avant l’expiration du délai de consultation. Son coût est entièrement à la charge de l’employeur.

C’est notre métier côté CSE, dans une dizaine de PSE par an. Voici, concrètement, ce que nous examinons, et donc ce qu’une direction doit avoir préparé :

  • La réalité et le périmètre du motif économique. Les indicateurs sur la période légale, le secteur d’activité retenu dans le groupe, la cohérence entre les comptes publiés et la présentation faite au CSE.
  • Le lien entre le motif et le nombre de suppressions. Pourquoi 30 postes et pas 18 ? Le chiffre découle-t-il d’une organisation cible et d’une analyse de charge, ou d’un objectif d’économies converti en têtes ?
  • Les catégories professionnelles. C’est le point le plus souvent discuté. Une définition artificiellement restrictive des catégories professionnelles peut fragiliser la validation ou l’homologation du dispositif, ou susciter des contestations individuelles selon les circonstances.
  • Les critères d’ordre et leur pondération. Leur application simulée sur l’effectif réel, et l’effet du périmètre retenu.
  • Le reclassement interne. La liste des postes disponibles dans l’entreprise et le groupe en France, leur réalité, et la manière dont ils seront proposés.
  • La proportionnalité des mesures aux moyens du groupe. C’est le critère de contrôle d’un document unilatéral : l’expert comparera le budget du PSE à la capacité financière du groupe.
  • La finançabilité et le calendrier. Le budget, le calendrier des décaissements, et la capacité de l’entreprise à tenir ses engagements.
  • Les conséquences pour les salariés qui restent. L’organisation cible, la charge de travail, les risques psychosociaux.

Le dirigeant qui arrive avec ces éléments documentés garde la main sur la négociation. Celui qui les découvre dans le rapport de l’expert négocie sur le terrain de l’expert. C’est le conseil que nous donnons le plus souvent aux directions : bâtir le dossier comme si on allait soi-même l’auditer.

Experts CSE et AUDIT EXPERTS n’interviennent jamais dans une même entreprise pour la direction et pour le comité.

Combien coûte vraiment un PSE ?

En bref. Les indemnités ne sont qu’une partie du coût. S’y ajoutent le préavis, le contrat de sécurisation professionnelle ou le congé de reclassement, la cellule de reclassement, la formation, l’expertise du CSE, les conseils et, dans les grands groupes, la revitalisation.

  • Les indemnités de licenciement. Au moins l’indemnité légale, un quart de mois par année jusqu’à dix ans puis un tiers au-delà, ou l’indemnité conventionnelle si elle est plus favorable, plus la part supra-légale négociée.
  • Le préavis. Payé même s’il n’est pas exécuté, sous réserve des règles particulières du CSP. Pour les salariés adhérant au CSP et justifiant d’au moins un an d’ancienneté, l’employeur verse à France Travail une contribution correspondant à l’indemnité de préavis dans la limite de trois mois, majorée des cotisations et contributions correspondantes. Les règles diffèrent pour les salariés ayant moins d’un an d’ancienneté.
  • Le congé de reclassement, dans les entreprises d’au moins 1 000 salariés : une période de quatre à douze mois, et jusqu’à vingt-quatre mois en cas de reconversion, avec une allocation au moins égale à 65 % de la rémunération brute au-delà du préavis.
  • Les mesures du plan : cellule de reclassement, formations, aides à la mobilité et à la création d’entreprise.
  • L’expertise du CSE, financée à 100 % par l’employeur, et les honoraires des conseils de la direction.
  • Les soldes de tout compte : congés payés, primes, compte épargne-temps, qui tombent tous au même moment.
  • La revitalisation, dans les entreprises ou groupes d’au moins 1 000 salariés.

Le régime social et fiscal : distinguer chaque somme

Somme verséeImpôt sur le revenu (salarié)Cotisations et CSG-CRDS
Indemnité de licenciement versée dans le cadre d’un PSEExonérée, sans plafond (article 80 duodecies du CGI)Exclue des cotisations dans la limite de deux plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 96 120 € en 2026 ; CSG-CRDS sur la part qui dépasse l’indemnité légale ou conventionnelle (article L.242-1 du Code de la sécurité sociale)
Indemnité compensatrice de préavisImposable comme un salaireSoumise aux cotisations comme un salaire
Indemnité compensatrice de congés payés, primes, solde de tout compteImposables comme un salaireSoumises aux cotisations comme un salaire

La contribution patronale de 40 % sur la part exonérée, applicable depuis le 1er janvier 2026, vise les ruptures conventionnelles individuelles et les mises à la retraite : elle ne s’applique pas aux indemnités de licenciement pour motif économique versées dans le cadre d’un PSE. Leur situation au regard du forfait social et des contributions en vigueur doit être vérifiée à la date des versements, de même que le régime des indemnités très élevées, qui deviennent soumises dès le premier euro au-delà de dix plafonds. Un projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, non adopté à la date de publication, prévoit d’abaisser le plafond d’exonération sociale : notre guide de la RCC en suit l’évolution.

Cas chiffré : 30 licenciements dans une entreprise de 220 salariés

En bref. Un budget de 1,17 M€ hors conseils et expertise, 1,26 M€ au total. Un besoin de trésorerie propre au plan de 1,20 M€ au troisième mois, porté à 1,34 M€ avec les soldes de tout compte. Un amortissement théorique du coût du PSE au douzième mois, hors soldes de tout compte, et au treizième avec eux.

Prenons une entreprise fictive de 220 salariés, filiale d’un groupe français de moins de 1 000 salariés, qui supprime 30 postes par un PSE après une baisse durable de son chiffre d’affaires. Les hypothèses sont volontairement simples. L’indemnité légale est calculée à partir d’une ancienneté moyenne : le total obtenu salarié par salarié peut différer, puisque le barème change de pente à dix ans d’ancienneté.

ParamètreHypothèse
Salaire brut mensuel moyen3 400 €
Ancienneté moyenne12 ans
Indemnité légale10 766,67 €
Supra-légal négocié4 mois de salaire, soit 13 600 €
Indemnité totale par salarié24 366,67 €
Préavis de deux mois, non exécuté et payé9 656 € chargés par salarié
Cellule de reclassement3 000 € par salarié
Formations2 000 € par salarié en moyenne, payées sur trois mois
Expertise du CSE25 000 € (hypothèse), payée en deux fois
Conseils de la direction (avocat)60 000 € (hypothèse à faire chiffrer par votre avocat), payés en deux fois
CalendrierPremière réunion du CSE au mois 0, consultation de deux mois, homologation et notification au mois 3
Coût mensuel chargé d’un poste4 828 €, économisé à partir du mois 4, à activité constante

Le budget du plan atteint 1 170 680 €, calculé sans arrondi intermédiaire : 731 000 € d’indemnités, 289 680 € de préavis, 90 000 € de cellule de reclassement et 60 000 € de formation. Avec l’expertise du CSE et les conseils de la direction, le coût total est de 1 255 680 €.

Voir le tableau mensuel du cas chiffré, de M0 à M24
MoisDécaissements du planSalaires chargés évitésCumul propre au planSoldes de tout compteCumul avec soldes
M042 500 €—− 42 500 €—− 42 500 €
M1——− 42 500 €—− 42 500 €
M242 500 €—− 85 000 €—− 85 000 €
M31 110 680 €—− 1 195 680 €144 840 €− 1 340 520 €
M420 000 €144 840 €− 1 070 840 €—− 1 215 680 €
M520 000 €144 840 €− 946 000 €—− 1 090 840 €
M620 000 €144 840 €− 821 160 €—− 966 000 €
M7—144 840 €− 676 320 €—− 821 160 €
M8—144 840 €− 531 480 €—− 676 320 €
M9—144 840 €− 386 640 €—− 531 480 €
M10—144 840 €− 241 800 €—− 386 640 €
M11—144 840 €− 96 960 €—− 241 800 €
M12—144 840 €+ 47 880 €—− 96 960 €
M13—144 840 €+ 192 720 €—+ 47 880 €
M14—144 840 €+ 337 560 €—+ 192 720 €
M15—144 840 €+ 482 400 €—+ 337 560 €
M16—144 840 €+ 627 240 €—+ 482 400 €
M17—144 840 €+ 772 080 €—+ 627 240 €
M18—144 840 €+ 916 920 €—+ 772 080 €
M19—144 840 €+ 1 061 760 €—+ 916 920 €
M20—144 840 €+ 1 206 600 €—+ 1 061 760 €
M21—144 840 €+ 1 351 440 €—+ 1 206 600 €
M22—144 840 €+ 1 496 280 €—+ 1 351 440 €
M23—144 840 €+ 1 641 120 €—+ 1 496 280 €
M24—144 840 €+ 1 785 960 €—+ 1 641 120 €

Méthode : conseils et expertise payés pour moitié au mois 0 et au mois 2 ; indemnités, préavis et cellule de reclassement au mois 3 ; formations sur les mois 4 à 6 ; économies à partir du mois 4, à activité constante. Soldes de tout compte estimés à un mois de salaire chargé par salarié. Calculs sans arrondi intermédiaire.

Le cas chiffré repose sur un taux d’adhésion au CSP nul. En cas d’adhésion, le calendrier des décaissements change, notamment pour la contribution à France Travail, comme le montre le simulateur plus bas.

Le besoin de financement propre au plan atteint 1 195 680 € au troisième mois, le mois des notifications. En y ajoutant les soldes de tout compte, estimés à un mois de salaire chargé par salarié, il atteint 1 340 520 €. Le premier chiffre mesure le coût additionnel du plan. Le second est un besoin de trésorerie brut : une partie des soldes de tout compte correspond à des dettes sociales déjà constituées, comme les congés payés acquis, qui seraient dues de toute façon mais tombent toutes au même moment. Ces montants doivent être disponibles, en plus de la trésorerie d’exploitation, à cette date précise. Trois mois de procédure pendant lesquels les salaires restent intégralement dus précèdent ce point bas : une entreprise en difficulté qui découvre ce calendrier en cours de route risque de ne plus pouvoir financer son propre plan. Un prévisionnel de trésorerie mois par mois est indispensable avant la première réunion du CSE.

Les économies de masse salariale, 1 738 080 € par an à activité constante, amortissent le coût du plan au douzième mois. Ce mois d’amortissement théorique ne signifie pas que l’entreprise retrouve une trésorerie positive ou redevient rentable : il suppose que les économies sont intégralement réalisées et que l’activité reste constante. Dans notre convention de calcul, le préavis est versé au mois des notifications, qu’il soit payé au salarié ou versé à France Travail pour ceux qui adhèrent au CSP ; dans la réalité, son calendrier dépend des situations individuelles. Elles ne tiennent pas compte des coûts de remplacement, de sous-traitance ou de la perte de productivité, qui doivent être chiffrés dans votre propre modèle.

Estimez le coût de votre PSE et son impact sur votre trésorerie

En bref. Renseignez vos hypothèses moyennes : avec un taux d’adhésion au CSP et des charges sur indemnités à zéro, le simulateur applique exactement la méthode du cas chiffré. Avec les valeurs proposées par défaut, il redonne les résultats présentés plus haut. C’est une première estimation, pas un chiffrage individuel.

Moyennes et calendrier simplifié. Les indemnités sont calculées à partir d’une ancienneté moyenne, ce qui peut différer d’un calcul salarié par salarié. Le simulateur fait commencer les économies le mois suivant les notifications et positionne la contribution CSP deux mois plus tard. Le calendrier réel doit être établi salarié par salarié : ce résultat n’est pas un prévisionnel opposable.

Budget du plan (hors expertise et conseils)—
Coût total, expertise et conseils compris—
Besoin de financement propre au plan—
Besoin de trésorerie brut, soldes de tout compte compris—
Mois d’amortissement théorique du coût du PSE (hors soldes de tout compte)—
Contribution CSP estimée à France Travail—
Économies annuelles brutes—
Méthode et limites du simulateur

Méthode : expertise et conseils payés pour moitié à la première réunion et pour moitié le mois précédant les notifications ; indemnités, préavis et cellule de reclassement au mois des notifications ; formation sur les trois mois suivants ; économies à partir du mois suivant, à activité constante. Pour les adhérents au CSP ayant au moins un an d’ancienneté, la contribution versée à France Travail correspond au préavis dans la limite de trois mois, majorée des cotisations et contributions correspondantes (article L.1233-69 du Code du travail) ; la fraction de préavis au-delà de trois mois est versée au salarié ; la contribution CSP est estimée à partir du salaire brut et du taux moyen de charges patronales saisi, sans reconstitution individuelle des cotisations ; par convention de simulation, elle est décaissée deux mois après les notifications, l’Unédic la rendant exigible au plus tard le 25 du deuxième mois civil suivant le début du CSP, qui intervient lui-même après le délai de réflexion de 21 jours. Pour les adhérents de moins d’un an d’ancienneté, aucune contribution n’est due et le préavis éventuel est traité comme versé au salarié. Le champ « charges patronales supplémentaires éventuelles sur indemnités » est une hypothèse que vous saisissez, pas un calcul réglementaire : les indemnités de PSE sont exclues des cotisations de sécurité sociale dans la limite de deux plafonds annuels, mais la CSG-CRDS, à la charge du salarié, reste due sur la part qui dépasse l’indemnité légale ou conventionnelle, et le régime réel dépend des montants et des situations individuelles. Le « mois d’amortissement » est le mois où les économies cumulées compensent les décaissements modélisés : il ne signifie pas que l’entreprise retrouve une trésorerie positive ou redevient rentable. Ce simulateur n’est pas un prévisionnel de trésorerie d’entreprise : il ne reprend ni le chiffre d’affaires, ni le besoin en fonds de roulement, ni les autres charges, ni les financements existants. Il raisonne sur des moyennes : il ne calcule ni les indemnités conventionnelles, ni le congé de reclassement, ni la revitalisation. Aucune donnée saisie n’est enregistrée ni transmise.

Votre PSE est-il finançable, et proportionné aux moyens du groupe ? Ces simulations restent des estimations. AUDIT EXPERTS chiffre votre plan salarié par salarié à partir de vos données de paie, construit le calendrier des décaissements et prépare le dossier économique que l’expert du CSE examinera.

Demander un chiffrage de votre PSE

Contentieux : ce qui peut faire tomber un PSE

En bref. La décision de validation ou d’homologation peut être contestée devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. Les conséquences d’une annulation dépendent de son motif : nullité des licenciements, indemnité d’au moins six mois de salaire, ou régularisation si seule la motivation de la décision est en cause.

Le contentieux du PSE se joue sur deux terrains. Devant le juge administratif, sur la décision de la DREETS : régularité de la consultation du CSE, contenu du plan, catégories professionnelles, régularité de l’accord. Devant le conseil de prud’hommes, sur chaque licenciement : réalité du motif économique, respect de l’obligation de reclassement, application des critères d’ordre.

Les conséquences dépendent du motif d’annulation. L’absence ou l’insuffisance du PSE peut entraîner la nullité des licenciements, avec réintégration ou, à défaut, une indemnité d’au moins six mois de salaire. D’autres irrégularités peuvent ouvrir droit à réintégration ou, à défaut, à une indemnité minimale de six mois de salaire. Une annulation fondée uniquement sur l’insuffisance de motivation de la décision administrative relève toutefois d’un mécanisme spécifique de régularisation : l’administration prend une nouvelle décision motivée, sans incidence sur la validité des licenciements (article L.1235-16 du Code du travail). Pour un projet concernant 30 salariés, les conséquences financières d’une annulation peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros, selon le motif retenu, les situations individuelles et les suites données aux licenciements.

Le précédent Auchan

Le PSE d’Auchan Retail France, qui prévoyait 2 389 suppressions de postes, en est l’illustration. Le tribunal administratif de Lille a annulé la décision de validation le 23 septembre 2025. La cour administrative d’appel de Douai a confirmé cette annulation le 7 janvier 2026 (n° 25DA01798), au motif que les CSE n’avaient pas reçu les données des sociétés contrôlant le groupe. Par un arrêt du 2 octobre 2026 (n° 511609), publié au recueil Lebon, le Conseil d’État a censuré cette analyse et validé le plan. Il a jugé qu’un accord portant PSE peut être conclu au niveau du groupe et, dans les circonstances de l’espèce, que les données de sociétés holdings n’exerçant pas dans le secteur d’activité concerné n’avaient pas à être communiquées aux CSE. La solution doit être transposée avec prudence à d’autres configurations de groupe. Au-delà de son issue, ce dossier montre que le périmètre de l’accord et les données économiques transmises aux CSE sont des points de fragilité réels, qui ont tenu le plan en suspens pendant plus d’un an.

Le PSE dans une entreprise en difficulté

En bref. En redressement ou en liquidation judiciaire, le PSE suit des règles adaptées, avec des délais plus courts et l’intervention de l’administrateur ou du liquidateur. Ses mesures sont appréciées au regard des moyens dont dispose l’entreprise, et la garantie de l’AGS peut intervenir.

Lorsqu’une entreprise en procédure collective doit licencier, le PSE est élaboré par l’administrateur ou le liquidateur, ou par l’employeur selon la procédure, dans des délais adaptés au calendrier judiciaire. Le contrôle de l’administration tient compte des moyens réels de l’entreprise, mais aussi des efforts demandés au groupe auquel elle appartient. La garantie de l’AGS peut alors financer une partie des indemnités, dans les limites prévues par le Code du travail.

Ce cadre est très différent de celui d’une entreprise in bonis. Si votre réduction d’effectifs s’inscrit dans un contexte de difficultés sérieuses, l’ordre des décisions compte : lisez notre guide de la procédure de sauvegarde et notre page sur l’accompagnement des entreprises en difficulté.

Après le PSE : tenir les engagements et reconstruire

En bref. Le PSE ne s’arrête pas aux notifications. Les mesures doivent être réellement mises en œuvre, suivies et dressées dans un bilan. Et l’entreprise doit fonctionner avec ceux qui restent, dans une organisation qui a changé.

Trois chantiers suivent les départs. Le suivi des mesures, d’abord : cellule de reclassement, formations, aides à la création, avec des indicateurs que le CSE et l’administration examineront. Le budget, ensuite : les décaissements réels doivent être rapprochés du plan de trésorerie, car c’est souvent à ce stade qu’apparaissent les écarts. Les équipes, enfin. Les salariés qui restent vivent eux aussi la restructuration : charge de travail redistribuée, perte de collègues, inquiétude sur la suite. Une organisation cible claire, communiquée tôt, et un suivi de la charge dans les mois qui suivent limitent les départs non souhaités et les risques pour la santé au travail. C’est aussi ce qui détermine si les économies prévues dans le plan se réalisent vraiment.

Les erreurs que nous voyons le plus souvent

En bref. Côté CSE, nous voyons revenir les mêmes faiblesses : des catégories professionnelles construites autour de personnes, un motif économique mal documenté, un reclassement de façade, un budget sans plan de trésorerie, et une communication qui précède le dossier.

  1. Des catégories professionnelles taillées sur mesure. C’est la première cause de fragilité que nous relevons dans les rapports d’expertise.
  2. Un motif économique présenté sur un périmètre discutable, ou avec des indicateurs choisis pour les besoins de la démonstration.
  3. Un nombre de suppressions sans organisation cible. Sans analyse de la charge de travail, le chiffre paraît arbitraire, et il l’est souvent.
  4. Un reclassement interne de façade : des postes inexistants, incompatibles ou proposés sans information suffisante.
  5. Un budget sans calendrier de trésorerie. Le plan est négocié, puis l’entreprise découvre qu’elle ne peut pas le payer au moment des notifications.
  6. Un dossier incomplet à la première réunion, qui transforme l’expertise en demande de pièces permanente.
  7. Une communication interne avant le dossier. Les rumeurs précèdent l’information officielle, et le climat social se dégrade avant même la première réunion.
  8. Sous-estimer les salariés qui restent. Une organisation cible qui surcharge les équipes devient un sujet de santé au travail, et un argument de contestation.

La matrice des risques

RisqueConséquence possibleContrôle préventif
Motif économique insuffisamment documentéContentieux individuels devant les prud’hommesRapprochement avec les comptes et les données du groupe
Catégories professionnelles contestablesContestation du dispositif ou des licenciementsAnalyse des fonctions et des compétences
Reclassement insuffisantFragilisation du plan ou des licenciementsInventaire et actualisation des postes
Budget insuffisantContestation des mesures, difficultés d’exécutionTest de proportionnalité et plan de financement
Organisation cible irréalisteRisques psychosociaux, perte de productivitéAnalyse de charge et évaluation des risques
Information du CSE incomplèteAnnulation de la décision administrativeRevue du dossier avant la première réunion

La check-list du dirigeant et du DRH

En bref. Dix questions à se poser avant d’annoncer un PSE. Si l’une reste sans réponse documentée, le dossier n’est pas prêt.

  1. Le motif économique est-il documenté sur la période et le périmètre légaux, avec des chiffres que l’expert pourra rapprocher des comptes ?
  2. Le nombre de suppressions découle-t-il d’une organisation cible et d’une analyse de charge ?
  3. Les catégories professionnelles regroupent-elles réellement des fonctions de même nature ?
  4. Les critères d’ordre ont-ils été simulés sur l’effectif réel ?
  5. La liste des postes de reclassement en France est-elle réelle et à jour ?
  6. Une RCC ou une phase de départs volontaires permettrait-elle de réduire les licenciements contraints ?
  7. Le budget du plan est-il proportionné aux moyens de l’entreprise et du groupe ?
  8. Le calendrier des décaissements est-il construit mois par mois, avec le point bas de trésorerie et son financement ?
  9. Accord ou document unilatéral : la stratégie de négociation est-elle arrêtée ?
  10. La communication interne et externe est-elle prête pour le jour de la première réunion ?

Comment AUDIT EXPERTS vous accompagne dans un PSE

En bref. Le PSE est un dossier juridique, mais il se gagne ou se perd sur des chiffres : le motif économique, le budget, la proportionnalité et la trésorerie. Nous préparons ces chiffres avec l’œil de celui qui les auditera.

L’avocat sécurise la procédure et les documents. L’expert-comptable construit et défend les chiffres. Chez AUDIT EXPERTS, nos juristes, fiscalistes et gestionnaires de paie travaillent en interne, et nous associons nos avocats partenaires en droit social pour la procédure. Notre singularité tient à notre expérience côté CSE : une dizaine de PSE par an comme expert des comités, par notre structure Experts CSE, et jamais dans une entreprise que nous conseillons par ailleurs.

Ce que nous vous remettons

  • Le dossier économique présenté au CSE : motif, indicateurs, périmètre, rapprochés des comptes.
  • Le chiffrage du PSE salarié par salarié, à partir de vos données de paie, et sa proportionnalité aux moyens du groupe.
  • Le calendrier des décaissements, mois par mois, avec le point bas de trésorerie et les solutions de financement.
  • La simulation des critères d’ordre et la cohérence des catégories professionnelles.
  • La préparation des réponses aux questions de l’expert du CSE, avant la première réunion.

Vous préparez un PSE, ou vous hésitez entre PSE et rupture conventionnelle collective ? Le premier échange ne vous engage à rien. Nous intervenons partout en France, en français, en anglais et en russe.

Parler de votre projet

Questions fréquentes sur le plan de sauvegarde de l’emploi

Quand un PSE est-il obligatoire ?

Dans une entreprise d’au moins 50 salariés qui envisage au moins 10 licenciements pour motif économique sur une même période de 30 jours. Des règles anti-fractionnement peuvent aussi imposer un PSE en cas de vagues successives de licenciements.

Quelle différence entre accord majoritaire et document unilatéral ?

L’accord est signé par des syndicats représentatifs ayant recueilli plus de 50 % des suffrages et validé par la DREETS en 15 jours. Le document unilatéral est établi par l’employeur après consultation du CSE et homologué en 21 jours, avec un contrôle plus approfondi du caractère suffisant des mesures au regard des moyens du groupe.

Combien de temps dure la consultation du CSE ?

À défaut d’accord, le CSE rend ses avis dans un délai de deux mois pour moins de 100 licenciements, trois mois entre 100 et 249, quatre mois à partir de 250, à compter de la première réunion. Il se réunit au moins deux fois, à quinze jours d’intervalle au moins.

Qui paie l’expert du CSE dans un PSE ?

L’employeur, à 100 %. Le CSE peut désigner un expert-comptable lors de la première réunion, au titre de l’article L.1233-34 du Code du travail. L’expert remet son rapport au plus tard quinze jours avant l’expiration du délai de consultation.

L’administration contrôle-t-elle le motif économique ?

Non. La DREETS contrôle la procédure et le contenu du plan, mais pas le motif économique, qui est contrôlé par le juge prud’homal, salarié par salarié. Le CSE est en revanche consulté sur ce motif, et son expert l’analyse.

Combien coûte un PSE ?

Au-delà des indemnités, il faut compter le préavis, le contrat de sécurisation professionnelle ou le congé de reclassement, la cellule de reclassement, la formation, l’expertise du CSE, les conseils et, dans les grands groupes, la revitalisation. Dans notre cas fictif, 30 licenciements représentent environ 1,26 million d’euros.

Les indemnités de PSE sont-elles imposables ?

L’indemnité de licenciement versée dans le cadre d’un PSE est exonérée d’impôt sur le revenu sans plafond, et exclue des cotisations dans la limite de deux plafonds annuels de la Sécurité sociale, la CSG-CRDS étant due au-delà de l’indemnité légale ou conventionnelle. L’indemnité compensatrice de préavis et les congés payés restent imposables et soumis aux cotisations comme un salaire.

Que se passe-t-il si la décision de la DREETS est annulée ?

Cela dépend du motif. L’absence ou l’insuffisance du PSE peut entraîner la nullité des licenciements, avec réintégration ou, à défaut, une indemnité d’au moins six mois de salaire. D’autres irrégularités peuvent ouvrir droit à réintégration ou à une indemnité minimale de six mois. Une annulation fondée uniquement sur l’insuffisance de motivation de la décision relève d’un mécanisme de régularisation, sans incidence sur la validité des licenciements.

Faut-il choisir un PSE ou une rupture conventionnelle collective ?

Le PSE permet des licenciements contraints mais exige un motif économique. La RCC repose sur le seul volontariat, sans motif économique, mais ne garantit pas le nombre de départs et ne peut pas masquer des licenciements inévitables.

Quelle différence entre plan de sauvegarde de l’emploi et plan de sauvegarde de l’entreprise ?

Le plan de sauvegarde de l’emploi encadre les licenciements économiques collectifs. Le plan de sauvegarde de l’entreprise est l’issue d’une procédure collective devant le tribunal pour une entreprise en difficulté non encore en cessation des paiements. Ce sont deux dispositifs distincts.

Frédéric Janvier, expert-comptable diplômé en 1993, inscrit au tableau de l’Ordre depuis 1994, président d’AUDIT EXPERTS (24 avenue de Messine, Paris 8e). Il intervient chaque année dans une dizaine de PSE comme expert des comités sociaux et économiques, par la société Experts CSE. Formé à la psychologie du travail au CNAM et à la médiation. En savoir plus sur l’auteur.

Publié le 30 octobre 2026. Dernière vérification juridique : 30 octobre 2026.

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