Entreprise en difficulté : l’accompagnement d’un expert-comptable pour agir à temps

AUDIT EXPERTS, cabinet d’expertise comptable à Paris 8e, accompagne partout en France les dirigeants d’entreprise en difficulté : trésorerie tendue, dettes fiscales et sociales, procédure collective. Diagnostic, plan de trésorerie, négociation, prévisionnels : voici comment nous intervenons, et ce qu’il faut savoir pour décider.

Votre situation est peut-être urgente si :

  • vous ne pouvez plus payer des dettes arrivées à échéance avec l’argent dont vous disposez aujourd’hui, découvert autorisé compris ;
  • vous avez reçu une assignation, une contrainte, une saisie ou une convocation du président du tribunal ;
  • les salaires du mois ou une échéance fiscale importante ne sont pas couverts.

Un délai légal de 45 jours court peut-être déjà. Ce n’est pas un délai pour attendre : c’est la limite au-delà de laquelle les solutions se réduisent.

Appeler le 01 58 22 20 20 Votre appel est pris 7 jours sur 7, et Frédéric Janvier vous rappelle sous 24 heures, week-end compris.

Ce que nous faisons dès votre premier appel

En bref : un premier échange gratuit et sans engagement pour vous orienter, puis, si vous le souhaitez, un diagnostic documenté et un accompagnement sur devis. Vous parlez à un expert-comptable diplômé, appuyé par une équipe interne de juristes, fiscalistes, gestionnaires de paie et auditeurs, et par des avocats partenaires.

Étape 1 · gratuit

L’échange d’orientation

Vous exposez la situation, même si la comptabilité n’est pas à jour. Nous repérons les échéances qui pressent, la ou les voies qui paraissent ouvertes, et les pièces à réunir. C’est une orientation : se prononcer sur la cessation des paiements suppose d’avoir vu les chiffres.

Étape 2 · sur devis

Le diagnostic documenté

À partir de vos pièces : situation de trésorerie à date, état des dettes par créancier, test de cessation des paiements, causes des difficultés, viabilité de l’activité, solutions possibles et calendrier. Vous recevez une note écrite.

Étape 3 · sur devis

L’accompagnement

Plan de trésorerie, négociations, saisine de la CCSF, préparation d’une conciliation ou d’une procédure, prévisionnels, rattrapage comptable, paie, puis suivi de l’exécution des mesures et du plan.

Ce que nous vous remettons

Selon la mission retenue — le devis précise ce qui est inclus :

  • Une note de diagnostic : situation à date, causes, solutions encore ouvertes, échéances, risques pour l’entreprise et pour le dirigeant.
  • Un plan de trésorerie semaine par semaine sur treize semaines, puis mensuel, mis à jour au fil des négociations.
  • Une analyse de rentabilité par activité ou par client, avec les mesures envisageables et leur effet chiffré — ou, s’il le faut, le constat qu’aucune combinaison réaliste ne suffit.
  • Les dossiers de négociation : propositions aux créanciers, dossier de saisine de la CCSF, éléments pour la médiation du crédit.
  • Les comptes et situations en retard, dans les délais les plus courts que permettent les pièces disponibles (SOS Bilan).
  • Les prévisionnels à trois ans et les plans d’apurement présentés à l’appui d’un plan de sauvegarde ou de continuation, ou d’une audience de renouvellement de la période d’observation.
  • La paie pendant la procédure : bulletins, et données fiabilisées pour les relevés de créances salariales que le mandataire judiciaire établit.
  • Le suivi : tableau de bord mensuel et alertes, pendant les négociations comme pendant l’exécution d’un plan.

Vous avez déjà un expert-comptable ?

Nous travaillons volontiers à ses côtés : il garde la tenue de votre dossier, nous apportons le renfort ponctuel — diagnostic, prévisionnel, préparation d’une audience ou d’une négociation. Si la situation demande un suivi semaine après semaine que votre cabinet ne peut pas assurer, une reprise du dossier peut aussi être envisagée. Nous en parlons ouvertement dès le premier échange, et c’est vous qui décidez.

Combien cela coûte-t-il ?

Le premier échange est gratuit et ne vous engage à rien. Le diagnostic et l’accompagnement font l’objet d’un devis, établi après cet échange en fonction du travail réellement nécessaire : état de la comptabilité, nombre de créanciers, procédure envisagée. Nos honoraires sont distincts de ceux de votre avocat. En cas de procédure collective, la rémunération des administrateurs et mandataires judiciaires obéit à des règles propres et reste à la charge de l’entreprise : nous l’intégrons au plan de trésorerie.

Qui intervient ?

Le dossier est suivi par Frédéric Janvier, expert-comptable diplômé depuis 1993, formé à l’évaluation d’entreprises et à la médiation, qui a mené de nombreuses médiations entre banques et clients et entre sociétés. Il s’appuie sur l’équipe interne du cabinet et, pour la représentation en justice et le contentieux, sur des avocats partenaires. Nous accompagnons des dirigeants en français, en anglais et en russe.

Parlons de votre situation, même si vos comptes ne sont pas à jour.
Au cabinet (Paris 8e), dans vos locaux ou en visio.

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Illustration : entretien d’analyse financière entre un conseil et la dirigeante d’une entreprise en difficulté

L’essentiel en trente secondes

  • Une question commande tout : l’entreprise est-elle en cessation des paiements — impossibilité de faire face aujourd’hui à son passif exigible avec son actif disponible ?
  • Avant la cessation des paiements : négociation, CCSF, médiation du crédit, mandat ad hoc, conciliation ou sauvegarde.
  • Après : au plus tard 45 jours pour demander une conciliation ou l’ouverture d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire. C’est un délai maximal, pas un délai d’attente.
  • Obtenir des délais ne suffit pas : il faut que l’activité redevienne rentable, et le démontrer chiffres à l’appui.
  • Les règles qui protègent la caution personne physique sont plus favorables en sauvegarde et en redressement qu’en liquidation : un élément à peser, parmi d’autres, dans le choix de la voie.

Comment savoir si votre entreprise est vraiment en difficulté ?

En bref : le signal décisif n’est pas le résultat comptable mais la trésorerie : si les encaissements attendus ne couvrent plus les décaissements obligatoires des prochaines semaines, il faut agir, même avec un exercice bénéficiaire. À l’inverse, une perte financée temporairement ne règle rien si l’activité reste déficitaire.

Un résultat positif peut coexister avec une trésorerie qui s’effondre : stock qui gonfle, clients qui paient à 90 jours, échéance d’emprunt ou d’impôt mal anticipée. Et une perte peut être absorbée un temps par un apport ou un prêt, sans que la cause soit traitée. Ce qui compte, c’est de lire les deux ensemble.

NiveauSignaux typiquesCe qu’il faut faire
VigilanceMarge qui s’érode, découvert utilisé en permanence, délais clients qui s’allongent, dépendance à un gros clientTableau de bord mensuel, plan de trésorerie à trois mois, rendez-vous banque avant le besoin
AlerteFournisseurs payés en retard, demandes de paiement comptant, échéance fiscale ou sociale reportée, impayé significatif, comptes pas encore établisDiagnostic complet, CCSF, mandat ad hoc ou conciliation à envisager
UrgenceSalaires non couverts, assignation, inscription de privilège du Trésor ou de l’URSSAF, saisie, lignes bancaires coupéesVérifier immédiatement la cessation des paiements : le délai de 45 jours a peut-être commencé

Le contexte

La Banque de France recensait 70 766 défaillances d’entreprises en cumul sur douze mois à fin août 2026, au-dessus de la moyenne 2010-2019. Les tribunaux et les administrations connaissent bien ces situations. (Chiffre arrêté à la date de mise à jour — source Banque de France.)

Cessation des paiements : ce que change le délai de 45 jours

En bref : une entreprise est en cessation des paiements quand elle ne peut pas faire face, aujourd’hui, à son passif exigible avec son actif disponible. À partir de là, le dirigeant a 45 jours pour demander une conciliation ou l’ouverture d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire.

La définition figure à l’article L.631-1 du Code de commerce. Elle s’apprécie à une date donnée :

  • passif exigible : les dettes échues dont le paiement peut être réclamé maintenant ;
  • actif disponible : la trésorerie et ce qui est immédiatement mobilisable, y compris une réserve de crédit ou un découvert autorisé non utilisé. Un bien qui reste à vendre n’en fait pas partie : la Cour de cassation l’a jugé pour un immeuble non encore vendu (Cass. com., 17 juin 2020, n° 18-22.747).

Les encaissements que vous espérez dans trois semaines ne sont pas de l’actif disponible aujourd’hui. Ils servent à autre chose : construire le plan de trésorerie qui montre si, et comment, l’entreprise peut s’en sortir. Un moratoire accordé par un créancier, en revanche, retire la dette concernée du passif exigible. Négocier un échéancier avant la cessation des paiements, c’est parfois l’éviter.

Une fois en cessation des paiements, le dirigeant doit demander l’ouverture d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire dans les 45 jours, s’il n’a pas demandé dans ce délai l’ouverture d’une conciliation (article L.631-4). La conciliation reste accessible tant que la cessation des paiements ne remonte pas à plus de 45 jours (article L.611-4).

Avant la cessation des paiements

  • Négociation directe, moratoires
  • CCSF, médiation du crédit
  • Mandat ad hoc, conciliation
  • Sauvegarde (dirigeant aux commandes)

Dans les 45 jours qui suivent

  • Demander une conciliation
  • ou l’ouverture d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire

Au-delà, sans conciliation demandée

  • Redressement ou liquidation judiciaire
  • Risque personnel accru pour le dirigeant

Une conciliation demandée dans le délai peut se poursuivre au-delà des 45 jours. La sauvegarde accélérée suppose une conciliation en cours.

La date retenue par le tribunal compte. Si une procédure est ouverte, le tribunal peut fixer la date de cessation des paiements jusqu’à dix-huit mois avant le jugement (article L.631-8). Cette date ouvre une période pendant laquelle certains actes peuvent être annulés, et sert à apprécier si le dirigeant a tardé. Documenter sa trésorerie et ses décisions mois par mois permet de défendre une date réaliste.

Quelles solutions pour une entreprise en difficulté, selon votre situation ?

En bref : plus on agit tôt, plus le choix est large et plus les solutions restent discrètes. Chaque procédure a ses conditions d’accès, son degré de confidentialité et ses effets sur les dettes et sur les cautions du dirigeant.

Mandat ad hoc

Accès
Difficultés, sans cessation des paiements (L.611-3)
Discrétion
Procédure confidentielle
Effet
Un mandataire désigné par le président du tribunal négocie avec vos principaux créanciers ; pas de gel légal des poursuites

Conciliation

Accès
Difficulté avérée ou prévisible ; pas de cessation des paiements depuis plus de 45 jours (L.611-4)
Discrétion
Confidentielle. Si l’accord est homologué, le jugement est public, pas le contenu de l’accord ; le CSE est alors informé
Effet
Procédure de 4 mois au plus, prorogeable d’un mois (l’accord conclu peut prévoir des délais de paiement plus longs) ; délais de grâce possibles contre un créancier qui poursuit ; les cautions peuvent se prévaloir de l’accord

Sauvegarde

Accès
Difficultés insurmontables seul, sans cessation des paiements (L.620-1). Variante accélérée pour une entreprise en conciliation (L.628-1)
Discrétion
Jugement publié
Effet
Dirigeant aux commandes ; gel du passif ; plan jusqu’à 10 ans ; poursuites contre la caution personne physique suspendues pendant l’observation, puis bénéfice du plan

Redressement judiciaire

Accès
Cessation des paiements, redressement possible (L.631-1)
Discrétion
Jugement publié
Effet
Gel du passif ; période d’observation de 6 mois au plus, renouvelable, 18 mois au maximum ; plan de continuation jusqu’à 10 ans ou cession ; caution personne physique : suspension, puis bénéfice du plan (procédures ouvertes depuis le 1er octobre 2021)

Liquidation judiciaire

Accès
Cessation des paiements, redressement manifestement impossible (L.640-1)
Discrétion
Jugement publié
Effet
Dirigeant dessaisi au profit du liquidateur ; vente des actifs ; les cautions peuvent être poursuivies

Mandat ad hoc et conciliation sont souvent efficaces, et encore méconnus des dirigeants de PME — leur réussite dépend de la viabilité de l’entreprise et de la coopération des créanciers. Ils permettent de négocier avec la banque, le bailleur et les fournisseurs clés, avec l’aide d’un professionnel désigné par le président du tribunal, sans publicité. Toute personne appelée à ces procédures, ou qui en a connaissance par ses fonctions, est tenue à la confidentialité (article L.611-15). Aucune procédure ne met totalement à l’abri d’une indiscrétion, mais une divulgation constituerait un manquement à cette obligation. Et en cas d’homologation d’un accord de conciliation, les représentants du personnel sont informés.

Pour un entrepreneur individuel sans salarié dont l’actif est très réduit, le rétablissement professionnel peut permettre l’effacement de certaines dettes sans liquidation. Ses conditions sont strictes ; nous les vérifions au cas par cas.

Si une procédure est ouverte, le rôle de l’expert-comptable change d’échelle : situations régulières, audience des deux mois, prévisionnels, plan d’apurement. Nous le détaillons étape par étape dans notre article sur le rôle de l’expert-comptable en redressement judiciaire.

Gagner du temps ne suffit pas : l’entreprise peut-elle redevenir rentable ?

En bref : un échéancier, un moratoire ou un plan donnent du temps. Ils ne corrigent pas une activité qui perd de l’argent chaque mois. La vraie question est : avec quelles mesures, et quel financement, l’entreprise peut-elle payer à la fois ses charges courantes et ses dettes passées ?

C’est la partie que les créanciers, les mandataires et les juges regardent le plus attentivement, et celle où l’analyse financière fait la différence. Nous travaillons sur six points :

  1. La marge par activité, par client ou par prestation. Il arrive qu’une activité rentable soit masquée par une autre qui détruit de la valeur : c’est l’une des premières hypothèses à vérifier.
  2. La rentabilité après une rémunération normale du dirigeant. Une entreprise qui ne tient que parce que son dirigeant ne se paie pas n’est pas viable durablement.
  3. La capacité à payer le courant et le passé en même temps : charges courantes, impôts, investissements indispensables, plus les échéances négociées.
  4. Le besoin en fonds de roulement : stock, délais clients, conditions fournisseurs. Le réduire peut libérer de la trésorerie, à un rythme qui dépend des actions engagées : recouvrement, déstockage, renégociation.
  5. L’effet réel des mesures de réorganisation, chiffré et daté, pas annoncé.
  6. L’arbitrage entre poursuite, cession partielle et arrêt d’une activité, raisonné sur ce que chaque activité rapporte réellement.

Exemple fictif : pourquoi un échéancier peut échouer

Une entreprise présente un déficit de trésorerie de 8 000 € par mois, après charges courantes, investissements indispensables et remboursements des emprunts en cours, mais avant tout règlement de ses dettes passées. Elle obtient un étalement de 90 000 € de dettes fiscales et sociales sur 36 mois, soit 2 500 € par mois. Pour tenir, sa trésorerie mensuelle doit donc s’améliorer d’au moins 10 500 €, sans compter une marge de sécurité. Sans amélioration réelle de la trésorerie, l’échéancier seul ne suffira pas : il sera rompu dans quelques mois.

Attention à ne pas confondre : une perte comptable de 8 000 € par mois ne donne pas ce chiffre. Amortissements, variation du BFR, investissements et remboursements d’emprunts peuvent modifier le besoin réel de trésorerie, dans un sens comme dans l’autre. C’est pourquoi nous raisonnons sur un plan de trésorerie, et pas sur le seul compte de résultat.

Chiffres purement pédagogiques, non tirés d’un dossier réel.

Cette analyse permet aussi de dire franchement, quand c’est le cas, que la poursuite n’est pas raisonnable. Une cession partielle ou un arrêt anticipé et organisé protègent parfois mieux le dirigeant que des mois de survie à crédit.

Dettes fiscales et sociales : comment obtenir des délais de paiement ?

En bref : la CCSF, guichet unique départemental, peut accorder un plan d’étalement confidentiel de vos dettes fiscales et sociales (part patronale). Il faut être à jour de ses déclarations, avoir reversé la part salariale des cotisations et le prélèvement à la source, puis payer les échéances courantes.

La commission des chefs des services financiers (CCSF) réunit dans chaque département les services fiscaux, l’URSSAF et les organismes de recouvrement. Un seul dossier, une seule négociation. Le dossier type comprend notamment les derniers bilans, un prévisionnel et une présentation de la situation et des perspectives — un dossier simplifié existe pour les TPE. C’est là qu’un plan de trésorerie crédible pèse. La commission dispose de deux mois pour répondre, à compter de la réception du dossier (présentation et dossiers de saisine sur impots.gouv.fr). Tant qu’il est respecté, le plan suspend les poursuites relatives aux dettes qu’il couvre ; à son terme, une remise partielle des pénalités et majorations peut être sollicitée.

La CCSF ne suspend pas le délai de 45 jours. Si l’entreprise est déjà en cessation des paiements, seule une demande de conciliation, dans les conditions légales, dispense de demander l’ouverture d’une procédure dans ce délai (article L.631-4). N’attendez pas la réponse de la commission pour agir.

Les dettes publiques ne sont pas toutes équivalentes. La part salariale des cotisations et le prélèvement à la source sont des sommes retenues sur les salaires : leur non-reversement est le premier point regardé, et il ferme l’accès à la CCSF. La TVA, elle, est une dette fiscale de l’entreprise : elle peut faire partie de la demande d’étalement. Et le dirigeant peut, dans des cas précis, être déclaré solidairement responsable des impositions de la société : il faut des manœuvres frauduleuses ou une inobservation grave et répétée des obligations fiscales, ayant rendu impossible le recouvrement (article L.267 du Livre des procédures fiscales). Un simple retard ne suffit pas.

Pour la banque, la médiation du crédit de la Banque de France peut être saisie gratuitement en cas de refus de crédit ou de réduction de lignes. Pour les fournisseurs et le bailleur, voir notre article sur la façon de négocier avec ses créanciers. En cas de contrôle fiscal en cours, la contestation se mène en parallèle : voir comment contester un contrôle fiscal.

Le dirigeant d’une entreprise en difficulté : cautions, patrimoine et responsabilité

En bref : la caution personne physique bénéficie de règles plus protectrices en sauvegarde et en redressement qu’en liquidation — un critère parmi d’autres, à apprécier avec vos conseils. La responsabilité personnelle du dirigeant vise des fautes de gestion ou des comportements précis, pas l’échec en lui-même.

Vos cautions personnelles

  • En conciliation, la caution peut se prévaloir des délais et remises de l’accord constaté ou homologué (L.611-10-2).
  • En sauvegarde et en redressement, les actions contre la caution personne physique sont suspendues pendant la période d’observation (L.622-28, L.631-14), ce qui n’empêche pas le créancier de prendre des mesures conservatoires. Ensuite, la caution peut se prévaloir du plan — depuis l’ordonnance n° 2021-1193 du 15 septembre 2021, y compris du plan de redressement, pour les procédures ouvertes à compter du 1er octobre 2021.
  • En liquidation judiciaire, le créancier peut agir contre la caution.

Chaque engagement reste à examiner (date, montant, proportionnalité, formalisme) avec nos avocats partenaires.

Si vous êtes entrepreneur individuel

Depuis la loi n° 2022-172 du 14 février 2022, l’entrepreneur individuel a de plein droit un patrimoine professionnel distinct de son patrimoine personnel, pour les créances nées à compter du 15 mai 2022 : les créanciers professionnels ne peuvent en principe saisir que le patrimoine professionnel. Les dettes plus anciennes restent soumises à l’ancien régime, et le principe connaît des exceptions (renonciation consentie à un créancier, certaines dettes fiscales et sociales en cas de manœuvres ou d’inobservation grave).

La responsabilité du dirigeant

  • L’action en responsabilité pour insuffisance d’actif, en liquidation, suppose une faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance ; la simple négligence est exclue (L.651-2).
  • L’interdiction de gérer peut notamment viser le dirigeant qui a sciemment omis de demander l’ouverture d’une procédure dans les 45 jours, sans avoir demandé de conciliation (L.653-8).
  • Les sanctions les plus lourdes (faillite personnelle, banqueroute) sont réservées à des faits graves : détournement d’actif, comptabilité fictive ou absente, augmentation frauduleuse du passif.

Comptes en retard, convocation au tribunal : que faire ?

En bref : des comptes à jour sont la base de toute négociation et de toute procédure. Une convocation par le président du tribunal au titre de la prévention est un entretien confidentiel, pas une sanction : y aller préparé change beaucoup.

Quand l’urgence s’installe, la comptabilité passe souvent après. C’est compréhensible, et cela se rattrape. Mais sans comptes et situations récentes, la banque ne peut pas examiner sérieusement une demande, la CCSF manque d’éléments pour instruire, et un tribunal peut difficilement apprécier un plan. Le non-dépôt des comptes au greffe est, en outre, l’un des signaux qui déclenchent une convocation. Notre service SOS Bilan traite ces rattrapages dans les délais les plus courts que permettent les pièces disponibles, et notre article sur les comptes annuels non déposés détaille les risques et les régularisations possibles.

Cas rencontré au cabinet (anonymisé)

Une société en redressement judiciaire a failli ne pas voir sa période d’observation renouvelée. L’activité repartait, mais deux éléments manquaient : ses comptes n’avaient pas été déposés au greffe, et le tribunal attendait des chiffres récents pour apprécier sa capacité à poursuivre.

Nous avons mené les deux chantiers en parallèle. D’un côté, la régularisation juridique : rédaction des procès-verbaux d’approbation, signature, dépôt des comptes. De l’autre, le reporting : chaque mois, des situations comptables, des tableaux de bord et des prévisionnels mis à jour. Le tribunal a pu apprécier la solidité de l’entreprise et ordonner la poursuite de la période d’observation.

Le cabinet prend en charge en moyenne trois nouveaux dossiers de redressement judiciaire par mois. En 2026, parmi les dossiers suivis, 13 ont abouti à un plan de continuation, 3 à une liquidation judiciaire et aucun à une cession ; 12 autres sont encore en période d’observation. Un constat, pas une promesse : chaque dossier dépend de la viabilité de l’entreprise et des décisions du tribunal.

Dans le cadre de la prévention, le président du tribunal peut convoquer le dirigeant lorsque des difficultés de nature à compromettre la continuité de l’exploitation lui sont signalées (article L.611-2). Tout courrier ou toute audience devant le président n’a pas cette nature : vérifiez l’objet exact de la convocation. L’entretien est confidentiel et peut déboucher sur une orientation vers un mandat ad hoc ou une conciliation. À Paris, comme dans onze autres villes, c’est depuis le 1er janvier 2025 le tribunal des activités économiques, compétent à titre expérimental jusqu’à fin 2028 pour les procédures amiables et collectives des professionnels, quels que soient leur statut et leur activité, à l’exception des professions réglementées du droit. Apportez les derniers comptes, une situation récente, un état des dettes par créancier, un plan de trésorerie, l’explication des difficultés et ce que vous demandez. Des lieux d’écoute gratuits existent aussi, comme les centres d’information sur la prévention (CIP).

Les décisions qui aggravent la situation d’une entreprise en difficulté

En bref : différer la décision, privilégier certains créanciers une fois en cessation des paiements, cesser de déclarer, ou injecter de l’argent personnel sans diagnostic. Chacune peut se retourner contre l’entreprise ou le dirigeant.
  1. Différer la décision. Dès la cessation des paiements, la sauvegarde de droit commun n’est plus ouverte ; 45 jours plus tard, il n’est plus possible de demander une conciliation.
  2. Privilégier certains créanciers une fois en cessation des paiements. Tout paiement différencié n’est pas fautif en soi. Mais certains actes faits pendant la période suspecte sont nuls de plein droit (L.632-1, par exemple le paiement de dettes non échues), et le paiement de dettes échues peut être annulé si le créancier connaissait la cessation des paiements (L.632-2). Rembourser en priorité un proche, un compte courant ou un prêt que vous avez garanti est particulièrement exposé.
  3. Arrêter de déclarer. Une déclaration déposée sans paiement reste une dette négociable. Une déclaration non déposée expose à des pénalités et, selon les cas, à une imposition d’office ; elle ferme aussi l’accès à la CCSF.
  4. Ne pas reverser les retenues sur salaires (part salariale, prélèvement à la source) pour payer des fournisseurs.
  5. Apporter son épargne personnelle sans plan. L’apport n’est pas une mauvaise chose ; sans diagnostic, il retarde souvent l’échéance et devient une créance de plus.
  6. Céder des actifs en urgence, à prix bas ou à un proche. Ces actes sont examinés de près en cas de procédure.

Entreprise en difficulté : par où commencer dans les premiers jours ?

En bref : mesurer la situation à date, protéger la trésorerie, établir le prévisionnel, puis choisir la voie. Ce cadre pratique ne crée aucun délai supplémentaire : si une échéance impose d’agir aujourd’hui, on agit aujourd’hui.
ÉtapeActionPourquoi
1. La situation à dateTrésorerie disponible et découvert autorisé non utilisé, face aux dettes échues et exigiblesSavoir si l’entreprise est en cessation des paiements, et depuis quand
2. La protectionSuspendre les dépenses non vitales ; ne faire aucun paiement de faveurPréserver la trésorerie et éviter les actes contestables
3. Le prévisionnelEncaissements et décaissements des treize prochaines semaines : salaires, TVA, URSSAF, loyer, échéancesMesurer combien de temps l’entreprise tient et ce qu’il faut obtenir
4. La cartographieÉtat des dettes par créancier, cautions personnelles, contrats clés, état de la comptabilitéIdentifier les risques pour l’entreprise et pour vous
5. La décisionNégociation, CCSF, mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde, ou demande d’ouverture dans le délaiAgir tant que le choix existe

Faisons ce point ensemble.
Le premier échange est gratuit et sans engagement. Votre appel est pris 7 jours sur 7, avec un rappel sous 24 heures, week-end compris.

01 58 22 20 20 Prendre rendez-vous

Questions fréquentes sur l’entreprise en difficulté

Le premier rendez-vous est-il payant ?

Non. Le premier échange avec AUDIT EXPERTS est gratuit et sans engagement : il sert à comprendre la situation, repérer les échéances urgentes et identifier les pièces à réunir. Votre appel est pris 7 jours sur 7, et Frédéric Janvier vous rappelle sous 24 heures, week-end compris. Le diagnostic documenté et l’accompagnement font ensuite l’objet d’un devis.

Pouvez-vous intervenir si l’entreprise a déjà un expert-comptable ?

Oui. Nous intervenons en renfort ponctuel aux côtés du cabinet en place, pour un diagnostic, un prévisionnel ou la préparation d’une audience. Si un suivi hebdomadaire est nécessaire et que le cabinet actuel ne peut pas l’assurer, une reprise du dossier peut être envisagée ; la décision appartient au dirigeant.

Quels documents apporter au premier rendez-vous ?

Ce dont vous disposez : derniers comptes annuels, relevés bancaires récents, liste des dettes et des échéances, courriers des créanciers et de l’administration, contrats de prêt et cautions. Une comptabilité incomplète n’empêche pas de commencer.

Qu’est-ce que la cessation des paiements ?

C’est la situation de l’entreprise qui ne peut pas faire face, à une date donnée, à son passif exigible avec son actif disponible (article L.631-1 du Code de commerce). Une réserve de crédit ou un moratoire obtenu des créanciers est pris en compte. Les encaissements futurs espérés ne sont pas de l’actif disponible.

Dans quel délai faut-il demander l’ouverture d’une procédure ?

Au plus tard dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements, sauf si une conciliation a été demandée dans ce délai (articles L.631-4 et L.611-4). C’est un délai maximal, pas un délai d’attente : agir dès que la cessation des paiements est constatée laisse plus d’options. L’omission consciente de cette démarche expose à une interdiction de gérer (article L.653-8).

Quelle différence entre mandat ad hoc et conciliation ?

Les deux sont confidentiels et confient à un tiers désigné par le président du tribunal la négociation avec les créanciers. Le mandat ad hoc suppose l’absence de cessation des paiements ; la conciliation reste possible jusqu’à 45 jours après celle-ci, dure quatre mois au plus (prorogeables d’un mois) et peut aboutir à un accord constaté ou homologué.

Peut-on demander une sauvegarde en cessation des paiements ?

Pas la sauvegarde de droit commun, réservée à l’entreprise qui n’est pas en cessation des paiements. La sauvegarde accélérée, ouverte à une entreprise déjà en conciliation, obéit à des conditions particulières (article L.628-1). Sinon, les voies restantes sont la conciliation dans les 45 jours, le redressement ou la liquidation judiciaire.

Le dirigeant caution est-il poursuivi si la société est en redressement judiciaire ?

Les actions contre la caution personne physique sont suspendues pendant la période d’observation, sans empêcher des mesures conservatoires. Pour les procédures ouvertes depuis le 1er octobre 2021, la caution peut ensuite se prévaloir du plan de redressement. En liquidation judiciaire, le créancier peut agir contre elle.

Comment étaler ses dettes fiscales et sociales ?

En saisissant la CCSF du département, qui peut accorder un plan d’étalement confidentiel. Il faut être à jour de ses déclarations, avoir reversé la part salariale des cotisations et le prélèvement à la source, fournir notamment les derniers bilans et un prévisionnel, puis payer les échéances courantes.

Le dirigeant est-il responsable des dettes de la société en liquidation ?

Pas automatiquement. Sa responsabilité pour insuffisance d’actif suppose une faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance ; la simple négligence ne suffit pas (article L.651-2). Il reste tenu de ses engagements personnels, comme les cautions.

Textes cités

  1. Code de commerce : L.631-1 (cessation des paiements), L.631-4 (délai de 45 jours), L.631-8 (date de cessation des paiements), L.632-1 et L.632-2 (période suspecte), L.640-1 (liquidation), L.651-2 (insuffisance d’actif), L.653-8 (interdiction de gérer) ; ainsi que L.611-2 (convocation par le président), L.611-3 (mandat ad hoc), L.611-4 à L.611-15 (conciliation, dont L.611-10-2 pour les garants et L.611-15 pour la confidentialité), R.611-40 (publicité du jugement d’homologation), L.620-1 (sauvegarde), L.622-28 (garants pendant l’observation), L.626-11 et L.631-20 (garants et plan), L.628-1 (sauvegarde accélérée), L.631-14 et L.645-1 (rétablissement professionnel).
  2. Cass. com., 17 juin 2020, n° 18-22.747 (actif disponible).
  3. Ordonnance n° 2021-1193 du 15 septembre 2021 portant modification du livre VI du Code de commerce.
  4. Loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l’activité professionnelle indépendante.
  5. Livre des procédures fiscales, article L.267.
  6. Décret n° 2007-686 du 4 mai 2007 (CCSF) ; fiche justice.fr sur la CCSF.
  7. Loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 (tribunaux des activités économiques) ; Service-public.fr.
  8. Banque de France — défaillances d’entreprises à fin août 2026.

Frédéric Janvier — expert-comptable diplômé (1993), inscrit à l’Ordre depuis 1994, président d’AUDIT EXPERTS (Paris 8e). Formé à l’évaluation d’entreprises (Compagnie des Conseils et Experts Financiers) et à la médiation (Institut Armedis), il a conduit de nombreuses médiations entre banques et clients et entre sociétés.

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