Mandataire financier : gérer les dépenses, les dons et les justificatifs

Mise en place, circuit des dépenses et des dons, routine hebdomadaire, classement des pièces et clôture : la méthode pour que le compte de campagne se boucle sans mauvaise surprise.

Par Frédéric Janvier, expert-comptable, président d’AUDIT EXPERTS (Paris 8e). Mis à jour le 17 octobre 2026.

Cet article vise le mandataire d’un candidat à une élection, principalement aux municipales et aux législatives, et non le mandataire permanent d’un parti politique. Certains scrutins (présidentielle, européennes, outre-mer, Français établis hors de France) obéissent à des règles particulières.

Mandataire financier vérifiant un relevé de dépenses de campagne, avec les reçus-dons numérotés et une calculatrice sur le bureau

L’essentiel en trente secondes

  • Son rôle : encaisser les recettes et régler les dépenses de la campagne sur un compte bancaire unique, puis remettre ses comptes au candidat, qui les annexe au compte de campagne.
  • Sa règle d’or : identifier et justifier chaque recette, contrôler chaque dépense avant paiement et délivrer les reçus-dons dans les situations prévues. Les apports du candidat et les contributions des partis ne donnent pas lieu à reçu-don.
  • Son outil principal : une main courante tenue au jour le jour, rapprochée chaque semaine du relevé bancaire.
  • Le partage des rôles : le candidat valide les engagements ; le mandataire contrôle leur circuit financier et signale les anomalies avant paiement. Ses fautes sont opposées au candidat, qui reste responsable du compte.
  • Sa fin de mission : ses fonctions cessent de plein droit six mois après le dépôt du compte de campagne. Le compte bancaire est clos dès que les opérations sont dénouées, et par prudence au plus tard six mois après le dépôt effectif.

Ce que la loi confie au mandataire financier

En bref. Le mandataire recueille les fonds destinés à la campagne et règle les dépenses engagées en vue de l’élection, sur un compte de dépôt unique ouvert à ce titre. Il ne choisit pas la stratégie de campagne : il garantit que chaque euro est traçable.

Le mandataire est un passage obligé, mais ce n’est pas un trésorier au sens associatif du terme. Il agit au nom et pour le compte du candidat. C’est le candidat, ou la tête de liste, qui établit le compte de campagne, le signe et en répond devant la CNCCFP. Le mandataire, lui, tient les comptes qui seront annexés à ce compte de campagne.

Personne physique ou association

Le candidat peut désigner une personne physique ou une association de financement électorale. La personne physique suffit dans la grande majorité des campagnes : une seule personne, de confiance, disponible et méthodique. L’association devient utile lorsque le budget et le nombre d’opérations justifient de répartir les tâches entre un président, un trésorier et des bénévoles. Elle est dissoute de plein droit six mois après le dépôt du compte du candidat qu’elle soutient.

Qui ne peut pas être mandataire

  • Le candidat lui-même, son suppléant ou ses colistiers.
  • Une personne déjà mandataire d’un autre candidat à la même élection. À Paris, Lyon et Marseille, la même personne peut en revanche tenir les comptes d’une liste municipale et d’une liste d’arrondissement, qui relèvent d’élections différentes.
  • L’expert-comptable chargé de présenter le compte, ni comme mandataire, ni comme président ou trésorier de l’association de financement. Selon la CNCCFP, cette incompatibilité s’étend aux membres associés de son cabinet.

Un profil plutôt qu’un titre. Le bon mandataire n’est pas forcément le plus proche du candidat. C’est la personne qui saura demander les justificatifs, relancer les fournisseurs et réserver un créneau régulier au suivi des opérations, jusqu’au dépôt du compte. Le temps nécessaire dépend du volume et de la complexité de la campagne.

Avant le premier euro : la mise en place

En bref. Le mandataire peut être déclaré dès l’ouverture de la période de financement, et au plus tard à l’enregistrement de la candidature. Une fois déclaré, il ouvre le compte bancaire, retire les formules de reçus-dons et met en place ses outils de suivi avant toute opération.

  • Recueillir l’accord écrit et exprès du mandataire, joint à la déclaration du candidat en préfecture.
  • Demander le récépissé de déclaration, exigé par la banque et joint au compte de campagne. La déclaration prend toutefois effet immédiatement : pour déterminer à partir de quand les paiements doivent passer par le mandataire, il ne faut pas attendre la délivrance du récépissé préfectoral (Conseil constitutionnel, décision n° 2015-4921 SEN du 18 juin 2015).
  • Ouvrir le compte de dépôt unique, dont le mandataire est seul signataire. Son intitulé précise que le titulaire agit en qualité de mandataire financier du candidat, nommément désigné, par exemple « Mand Fin » suivi des noms. Un compte fonctionnant sous la signature du candidat conduit au rejet du compte de campagne. En cas de refus de la banque, le droit au compte permet de saisir la Banque de France.
  • Retirer les formules de reçus-dons délivrées par la préfecture, et noter la plage de numéros reçue.
  • Créer la main courante journalière : un tableur suffit, avec pour chaque opération le numéro de pièce, la rubrique du compte de campagne, la nature, la date, le mode de paiement, le montant, le nom du fournisseur pour une dépense et le numéro du relevé bancaire. Elle servira à remplir l’annexe 8 du compte de campagne.
  • Créer le dossier de classement des pièces, papier et numérique.
  • Écrire et diffuser à l’équipe trois règles simples : qui peut engager une dépense, au nom de qui la facture doit être établie, et à qui la transmettre.

Ces règles écrites sont le meilleur investissement de la campagne. La plupart des difficultés de fin de campagne naissent d’une dépense engagée par un colistier enthousiaste, payée avec sa propre carte et facturée à son nom.

Le circuit d’une dépense

En bref. Une dépense suit toujours le même chemin : devis, accord du candidat, facture au nom du mandataire, paiement depuis le compte de campagne, puis classement et saisie. Aucune étape ne doit être sautée, même pour une petite somme.

  1. Le devis. Pour toute dépense significative, un devis écrit permet de vérifier le prix pratiqué. Une remise anormale accordée par un prestataire peut constituer un don prohibé de personne morale.
  2. L’accord du candidat. Le candidat, ou la personne qu’il désigne, valide la dépense. Le mandataire n’engage pas lui-même les dépenses de campagne.
  3. La facture. Elle est établie au nom du mandataire ou de l’association de financement, avec la mention de la campagne. Une facture au nom du candidat ou d’un colistier sera à faire rééditer.
  4. Le paiement. Par virement, chèque ou carte rattachés au compte de campagne. Le moyen de paiement doit permettre de rapprocher chaque facture d’un mouvement bancaire.
  5. Le classement et la saisie. La facture acquittée est classée, numérotée et reportée le jour même sur la main courante, avec la référence du paiement.
QuiFait quoi
Candidat ou tête de listeValide les dépenses, verse son apport, signe le compte de campagne.
Équipe de campagneDemande les devis, transmet les factures au mandataire, ne paie rien elle-même.
MandataireEncaisse, paie, délivre les reçus-dons, tient la main courante, rapproche le compte bancaire.
Expert-comptableConseille pendant la campagne, établit et présente le compte, vérifie la présence des pièces.

Le circuit d’une recette

En bref. Avant d’encaisser un don, le mandataire vérifie qui donne, combien et comment. Il délivre ensuite un reçu numéroté et conserve la copie des chèques de plus de 150 €. Les apports du candidat et les versements du parti passent eux aussi par le compte bancaire.

Les dons : quatre vérifications avant l’encaissement

  • Le donateur est une personne physique, de nationalité française ou résidant en France. Un chèque tiré sur le compte d’une société, d’une association ou d’un syndicat est refusé.
  • Le montant respecte le plafond de 4 600 € par donateur pour une même élection, tous candidats confondus. Votre fichier de donateurs ne suffit donc pas : demandez au donateur de confirmer ses éventuels autres versements pour cette élection, sans tenir cette déclaration pour une garantie absolue.
  • Le mode de paiement : au-delà de 150 €, chèque, virement, prélèvement ou carte bancaire. Les dons en espèces sont limités à 150 € par donateur, et leur total ne peut dépasser 20 % du plafond des dépenses lorsque celui-ci atteint 15 000 €.
  • L’identité complète : nom, prénom et adresse, nécessaires à l’établissement du reçu.

Les reçus-dons : une procédure stricte

Les formules de reçus sont éditées par la CNCCFP et remises par la préfecture, en liasses de quinze formules numérotées comportant une souche et une partie pour le donateur. Le mandataire signe la couverture de chaque liasse : il en est dépositaire et responsable. Les souches restent attachées à la liasse.

Un reçu est délivré pour tout don d’une personne physique, quel que soit son montant et son mode de paiement, espèces comprises. Il mentionne le montant, la date et le mode de versement, l’identité, la nationalité et l’adresse du domicile fiscal du donateur. Les apports du candidat et des colistiers, les contributions des partis, les concours en nature et le produit des collectes ne donnent pas lieu à reçu. Seuls les dons versés par un moyen de paiement traçable ouvrent droit à la réduction d’impôt du donateur.

Le mandataire tient la liste des donateurs dans l’ordre de délivrance des reçus, avec leur nationalité et leur pays de résidence : elle est jointe au compte de campagne. Il conserve aussi la copie de chaque chèque de plus de 150 € et les bordereaux de remise en banque. La CNCCFP recommande de présenter les chèques à l’encaissement dans les huit jours.

Les collectes et les dons en ligne

Une quête lors d’une réunion publique ou sur un marché ne donne pas lieu à reçu, mais son produit est versé au compte du mandataire et justifié par la date, le lieu, le mode d’organisation et le montant de chaque collecte. Il entre dans le total des dons en espèces, plafonné à 20 % du plafond des dépenses. Les dons en ligne sont versés directement sur le compte du mandataire, au besoin par un prestataire de paiement répondant aux conditions du Code électoral, et la CNCCFP préconise de recueillir une déclaration sur l’honneur du donateur sur sa qualité de personne physique, sa nationalité ou sa résidence.

Un appel public aux dons, tract ou page en ligne, doit indiquer le nom du candidat, celui du mandataire et la date de sa déclaration, préciser que les dons ne peuvent être recueillis que par son intermédiaire, et reproduire les dispositions légales sur les dons et leurs sanctions. Un spécimen est joint au compte.

Rembourser un don irrégulier

En principe, un don encaissé n’est pas restitué. En cas d’erreur manifeste, comme un don d’entreprise ou un dépassement du plafond de 4 600 €, le mandataire rembourse le don litigieux, exige la restitution du reçu délivré et joint le reçu annulé au compte de campagne. La CNCCFP signale les reçus irréguliers à l’administration fiscale.

Vigilance sur l’origine des fonds. L’édition 2025 du guide de la CNCCFP appelle les équipes de campagne à la vigilance face à tout soutien matériel ou financier dont la provenance ou les intentions posent question. Un virement d’un compte inconnu, un donateur qui fractionne ses versements ou propose de régler une facture à la place de la campagne doivent alerter le mandataire et être signalés au candidat avant tout encaissement.

Les autres recettes

  • L’apport du candidat est versé de son compte personnel au compte de campagne, au fil des besoins. Il ne donne pas lieu à reçu-don.
  • La contribution d’un parti est versée au mandataire et justifiée par une attestation du parti. Les dépenses que le parti règle directement suivent un circuit distinct : elles figurent au compte de campagne, mais pas sur le relevé du mandataire.
  • Un prêt est appuyé d’un contrat et d’un échéancier, conservés avec les pièces.

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Les situations délicates

En bref. Les difficultés viennent rarement des grosses factures. Elles viennent des frais avancés par des bénévoles, des prêts gratuits, des chèques mal identifiés et des dépenses partagées. Pour chacune, une règle simple existe.

SituationCe que fait le mandataire
Un membre de l’équipe a avancé une dépenseIl conserve la facture et la preuve du paiement, puis fait examiner son traitement avant tout remboursement. La solution dépend de la date du paiement (avant ou après la déclaration du mandataire), de sa nature (déplacement, achat pour la campagne) et de son montant. Un remboursement ne régularise pas automatiquement un paiement direct effectué après la déclaration.
Un sympathisant prête gratuitement un local ou du matérielIl fait établir une attestation indiquant la nature, la durée et la valeur du prêt. Ce concours en nature figure en recette et en dépense, sans passer par le compte bancaire. Un prêt consenti par une entreprise est en revanche interdit.
Le candidat a payé une petite dépense avec sa carteLe régime des menues dépenses peut s’appliquer si elle reste d’un montant faible par rapport aux dépenses totales et négligeable par rapport au plafond, justificatif et relevé personnel à l’appui. Au-delà, c’est une irrégularité.
Un chèque arrive au nom d’une sociétéS’il n’est pas encaissé, il le renvoie. S’il a déjà été encaissé, il le rembourse par virement avant le dépôt, annule le reçu éventuellement délivré et conserve la trace de l’opération.
Une dépense est commune à deux listes (Paris, Lyon, Marseille)Il applique la clé de répartition fixée avant le premier tour, sur des critères objectifs, et conserve la note qui la justifie.
Un fournisseur n’encaisse pas le chèque reçuIl le relance par écrit : un chèque non encaissé au dépôt pourrait être assimilé à un don indirect.
Un fournisseur tarde à facturer après le scrutinIl le relance par écrit : la dépense doit être réglée avant le dépôt du compte. Une facture laissée impayée peut s’analyser comme un avantage consenti par le fournisseur.

Don, prêt de matériel, prestation offerte, bénévolat : quatre traitements

SituationQualificationJustificatifReçu-don
Un sympathisant verse de l’argentDon de personne physique, plafonnéCopie du chèque ou preuve du virementOui
Un sympathisant prête du matériel ou un localConcours en nature, valorisé en recette et en dépenseAttestation de valorisation au prix du marchéNon
Un professionnel offre sa prestation (graphisme, photographie)Interdite si elle est fournie par une société ; à faire examiner si elle l’est par une personne physique, car sa valeur doit être retracéeAttestation et éléments de valorisationNon
Un militant distribue des tracts ou tient une permanenceActivité militante bénévole habituelle, effectuée hors temps de travail et sans moyens de l’employeurPas de valorisation des heures militantes ordinaires ; conserver les éléments utiles en cas de situation particulièreNon

La routine hebdomadaire

En bref. Prévoyez un contrôle hebdomadaire, dont la durée dépend du nombre d’opérations, des dons et des justificatifs manquants. Pendant les dernières semaines avant le scrutin, le rythme peut devenir quotidien.

  • Rapprocher le relevé bancaire de la main courante, ligne à ligne.
  • Réclamer les factures manquantes pour chaque paiement sans pièce.
  • Mettre à jour le total des dépenses engagées, y compris les concours en nature et les dépenses réglées par le parti, et le comparer au plafond.
  • Vérifier que chaque don encaissé a son reçu et que la numérotation des reçus est continue.
  • Faire le point avec le candidat sur les dépenses à venir et sur le financement nécessaire pour les régler.
  • Transmettre à l’expert-comptable les questions de la semaine, avant de payer plutôt qu’après.

Suivre le plafond, pas seulement le solde. Un compte bancaire créditeur ne dit rien du respect du plafond. Le mandataire doit additionner ce qui est payé, ce qui est engagé mais pas encore facturé, les concours en nature et les dépenses réglées directement par un parti. C’est ce total qui doit rester sous le plafond, avec une marge pour les imprévus des derniers jours.

Exemple de rapprochement et outils à télécharger

En bref. Le compte de campagne ne se résume pas au relevé bancaire du mandataire. Il ajoute les concours en nature et les dépenses payées directement par un parti, et l’écart entre le relevé et la main courante doit être expliqué dans un état de rapprochement : on ne modifie pas le relevé bancaire.

Prenons une première semaine de campagne, fictive. Le candidat verse un apport de 1 000 €, un donateur verse 200 € par virement, une imprimerie est réglée 480 € par virement, une salle 350 € par chèque, et un sympathisant prête gratuitement du matériel de sonorisation, valorisé 150 €.

OpérationMontantSur le compte bancaire ?Contrôle à faire
Apport du candidat, par virement1 000 €Oui, créditéVirement depuis le compte personnel du candidat ; pas de reçu-don.
Don, par virement200 €Oui, créditéIdentité, nationalité ou résidence, plafond, reçu n° 0001 délivré.
Facture d’imprimerie, par virement480 €Oui, débitéFacture au nom du mandataire, référence du virement et ligne du relevé concordent.
Location de salle, par chèque350 €Pas encore débitéChèque émis, à suivre jusqu’à son débit ; relancer le bénéficiaire si besoin.
Matériel prêté gratuitement150 €Non, sans mouvementAttestation de valorisation ; inscrit en recette et en dépense au compte de campagne.

Le relevé bancaire affiche 720 € (1 000 + 200 − 480). La main courante, elle, indique un solde de 370 €, puisque le chèque de 350 € est déjà émis. Le rapprochement consiste à expliquer l’écart : 720 € moins 350 € de chèque non débité donnent bien 370 €. Côté plafond, le total à retenir n’est ni 480 € ni 830 €, mais 980 € : les 830 € de dépenses réglées par le mandataire, plus les 150 € de concours en nature, qui n’apparaîtront jamais sur le relevé.

Les outils du cabinet. Pour appliquer cette méthode, nous mettons à disposition un classeur Excel gratuit : main courante journalière, suivi du plafond, rapprochement bancaire, concours en nature et dépenses des partis, checklist hebdomadaire imprimable et note de frais réservée aux situations admises. L’exemple ci-dessus y est déjà saisi. Ces outils de travail ne remplacent ni le formulaire officiel du compte de campagne ni ses annexes, à télécharger sur le site de la CNCCFP.

Télécharger les outils du mandataire (Excel)

Classer les pièces

En bref. Un classement simple, défini dès le départ et doublé d’une copie numérique, fait gagner des jours au moment du dépôt et permet de répondre vite aux questions de la CNCCFP.

Voici une organisation qui fonctionne pour la plupart des campagnes :

Numérotez chaque facture avec le numéro de sa ligne dans la main courante. Le jour du dépôt, l’expert-comptable et la CNCCFP pourront passer d’une ligne à sa pièce en quelques secondes.

Après le scrutin : la clôture

En bref. Le mandataire peut encore encaisser des fonds et régler des factures jusqu’au dépôt du compte. Il remet ensuite ses comptes au candidat, avec les formules de reçus-dons utilisées ou non, puis clôture le compte bancaire.

  1. Collecter les dernières factures dès le lendemain du scrutin et les régler toutes avant le dépôt.
  2. Arrêter la main courante et établir l’état de rapprochement bancaire à la date du dépôt.
  3. Remettre ses comptes au candidat : main courante, relevés, copies des chèques de plus de 150 €, souches des reçus-dons, formules non utilisées. Ces éléments sont annexés au compte de campagne.
  4. Transmettre l’ensemble à l’expert-comptable à la date convenue, pour l’établissement et la présentation du compte avant la date limite de dépôt.
  5. Clôturer le compte bancaire dès que les opérations sont dénouées. Par prudence, organisez cette clôture au plus tard six mois après le dépôt effectif du compte de campagne, sans attendre cette échéance si un engagement signé prévoit un délai plus court. Les chéquiers et cartes sont restitués à la banque. Cette opération bancaire se distingue de la cessation légale des fonctions du mandataire.
  6. Fin des fonctions : elles cessent de plein droit six mois après le dépôt du compte de campagne, ou à l’expiration du délai de dépôt des candidatures si le candidat ne s’est finalement pas présenté.
  7. En l’absence de toute opération, établir l’attestation prévue par le formulaire pour un compte sans recette, ni dépense, ni concours en nature. Une attestation inexacte engage la responsabilité du mandataire.
  8. Traiter l’excédent éventuel : la part provenant de dons est dévolue à une association de financement d’un parti ou à un établissement d’utilité publique ; celle qui provient de l’apport personnel peut revenir au candidat.

Changer de mandataire en cours de campagne

En bref. Un candidat peut recourir successivement à plusieurs mandataires, jamais à deux en même temps. Le changement suit une procédure précise, pour qu’aucune opération ne se perde entre les deux.

QuiCe qu’il doit faire
Le candidatMettre fin par écrit aux fonctions du mandataire, en informer la préfecture, demander à la banque le blocage du compte jusqu’à la désignation du successeur, puis faire changer l’intitulé du compte et les moyens de paiement, ou clôturer le compte.
Le mandataire sortantÉtablir le compte de sa gestion et remettre au candidat toutes les pièces justificatives des opérations réalisées.
Le nouveau mandataireÊtre déclaré en préfecture, recevoir les moyens de paiement, ouvrir un nouveau compte si l’ancien est clôturé, et reprendre les recettes encaissées et les dépenses restant à régler.

Deux comptes ne doivent jamais fonctionner en même temps. Les dépenses de tous les mandataires successifs s’additionnent pour le respect du plafond, et le compte de campagne retrace l’ensemble de leurs opérations. Dans un scrutin de liste, si plusieurs candidats ont chacun désigné un mandataire avant de former une liste, un seul mandataire est maintenu au plus tard à l’enregistrement de la candidature.

Ce que risque le mandataire

En bref. Le candidat reste seul responsable de son compte de campagne. Mais le mandataire engage sa responsabilité civile pour ses fautes de gestion, et il peut encourir des sanctions pénales et fiscales dans des cas précis.

  • Responsabilité civile. Il agit au nom et pour le compte du candidat : il répond de ses fautes de gestion envers les tiers (banque, donateurs, fournisseurs) et envers le candidat lui-même.
  • Appels aux dons. Le mandataire qui diffuse un appel aux dons sans les mentions obligatoires encourt une amende contraventionnelle (article R.94-1 du Code électoral).
  • Infractions de financement. Sa responsabilité pénale peut être engagée s’il a concouru aux infractions de l’article L.113-1, comme l’acceptation de dons interdits, ou s’il a attesté faussement qu’aucune dépense n’avait été engagée.
  • Reçus irréguliers. Délivrer sciemment un reçu permettant d’obtenir indûment une réduction d’impôt l’expose à l’amende fiscale de l’article 1740 A du CGI, égale au montant de la réduction en cause.

Une organisation rigoureuse réduit les erreurs, sans supprimer les responsabilités attachées à la fonction. Ne signez jamais un document dont vous n’avez pas vérifié le contenu, et gardez la trace écrite des consignes reçues du candidat.

Les erreurs les plus fréquentes du mandataire

ErreurRisqueParade
Payer avec sa carte personnelle « pour aller vite »Dépense hors du compte unique, irrégularitéToujours payer depuis le compte de campagne
Encaisser un chèque sans vérifier le titulaire du compteDon de personne morale, rejet possible du compteContrôler chaque chèque avant remise en banque
Oublier de délivrer un reçu, ou sauter des numérosDonateur privé de réduction d’impôt, demandes de justificationDélivrer le reçu le jour de l’encaissement
Accepter des espèces sans tenir le totalDépassement du plafond global des dons en espècesSuivre le cumul des espèces dans la main courante
Laisser des factures arriver après le dépôtCompte incomplet ou déficitaireRelancer les fournisseurs dès le lendemain du scrutin
Ne pas restituer les formules de reçus inutiliséesPrésomption de dons non déclarésRestituer toutes les liasses, utilisées ou non

Ces erreurs comptent parmi celles qui exposent le compte au rejet : notre article rejet du compte de campagne : causes et parades les replace dans l’ensemble des irrégularités relevées par la CNCCFP. Et si une lettre d’observations arrive après le dépôt, voyez comment répondre aux observations de la CNCCFP.

Pour le cadre complet du compte de campagne, plafonds et remboursement compris, consultez nos guides consacrés aux élections municipales et aux élections législatives.

Mandataire ou candidat, vous avez une question en cours de campagne ? Le cabinet accompagne les campagnes dans toute la France, de la mise en place du circuit jusqu’au dépôt du compte.

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Téléphone : 01 58 22 20 20. SMS : 06 09 79 94 79.

Questions fréquentes

Quand le mandataire financier peut-il être désigné ?

Dès l’ouverture de la période de financement, et au plus tard à l’enregistrement de la candidature. La déclaration en préfecture est accompagnée de l’accord exprès du mandataire, et ses fonctions prennent effet immédiatement.

Le mandataire peut-il payer avec sa carte personnelle ?

Non. Après sa déclaration, le mandataire règle les dépenses depuis le compte de dépôt unique ouvert pour la campagne, par chèque, virement, prélèvement ou carte rattachée à ce compte. Un paiement personnel rompt la traçabilité exigée par la CNCCFP et ne se régularise pas automatiquement par un remboursement.

Que doit vérifier le mandataire avant d’encaisser un don ?

Que le donateur est une personne physique de nationalité française ou résidant en France, que le plafond de 4 600 € pour une même élection, tous candidats confondus, est respecté, que le mode de paiement est autorisé (au-delà de 150 €, pas d’espèces), et que son identité complète permet d’établir le reçu. En cas de doute, n’encaissez pas avant vérification.

Un membre de l’équipe peut-il avancer une dépense ?

Les achats doivent être payés par le mandataire. Si une avance a déjà été faite, conservez la facture et la preuve du paiement, puis faites examiner son traitement avant tout remboursement. La solution dépend notamment de la date du paiement, de sa nature et de son montant. Un remboursement ne régularise pas automatiquement un paiement direct effectué après la déclaration du mandataire.

Le mandataire est-il responsable du compte de campagne ?

Il tient les comptes annexés au compte de campagne, mais c’est le candidat qui établit et signe ce compte et qui en répond. Les fautes du mandataire, comme l’encaissement d’un don interdit, exposent le compte du candidat au rejet.

Quand les fonctions du mandataire prennent-elles fin ?

Ses fonctions cessent de plein droit six mois après le dépôt du compte de campagne. La clôture du compte bancaire est une opération distincte : faites-la dès que les opérations sont dénouées, et par prudence au plus tard six mois après le dépôt effectif, ou plus tôt si l’accord signé le prévoit.

Une même personne peut-elle être mandataire de deux candidats ?

Pas pour la même élection. À Paris, Lyon et Marseille, une même personne peut en revanche être mandataire d’une liste municipale et d’une liste d’arrondissement, qui relèvent d’élections différentes, avec un compte bancaire distinct pour chacune.

Peut-on changer de mandataire en cours de campagne ?

Oui. Le candidat met fin par écrit aux fonctions du mandataire, informe la préfecture et la banque, et déclare un successeur. Le mandataire sortant remet le compte de sa gestion et ses pièces. Deux comptes ne doivent jamais fonctionner en même temps.

Le mandataire peut-il être sanctionné personnellement ?

Oui, dans des cas précis : responsabilité civile pour ses fautes de gestion, amende pour un appel aux dons sans les mentions obligatoires, poursuites s’il a concouru à une infraction de financement, et amende fiscale en cas de reçu délivré sciemment à tort.

Combien de temps faut-il consacrer à la mission ?

Cela dépend du nombre d’opérations, de dons et de justificatifs à réunir. Prévoyez au minimum un contrôle hebdomadaire, plus fréquent dans les dernières semaines et au moment de la clôture : la régularité évite de longues reconstitutions avant le dépôt.

Sources