Taux maximal des intérets déductibles du compte courant d'associé

Dernière mise à jour : 4 juillet 2026 — intégration du taux du 2e trimestre 2026 publié au Journal officiel du 26 juin 2026. Prochaine actualisation : fin septembre 2026.

En bref : les taux en vigueur

Le taux maximum d’intérêts déductibles d’un compte courant d’associé s’établit à 4,55 % pour un exercice de 12 mois clos le 31 décembre 2025. Pour les clôtures échelonnées de 2026, le plafond descend progressivement jusqu’à environ 4,33 % pour les exercices clos entre le 30 juin et le 29 septembre 2026.

Le taux effectif moyen (TEMP) du 2e trimestre 2026, publié au Journal officiel du 26 juin 2026, ressort à 4,35 % — en très légère remontée après le 4,31 % du 1er trimestre : la décrue entamée depuis le pic de 2024 (5,75 %) marque une pause. Au-delà de ce plafond, les intérêts versés à l’associé ne sont plus déductibles du résultat de la société.

Le taux maximum selon votre date de clôture

Le plafond dépend uniquement de la date de clôture de votre exercice — pas de la forme de la société ni de son régime d’imposition. Voici le barème pour un exercice de 12 mois :

Date de clôture (exercice de 12 mois)

Taux maximum déductible

Statut

31 décembre 2024

5,75 %

Publié (BOFiP)

31 décembre 2025 au 30 janvier 2026

4,55 %

Publié (BOFiP)

31 janvier au 27 février 2026

4,49 %

Publié (BOFiP)

28 février au 30 mars 2026

4,44 %

Publié (BOFiP)

31 mars au 29 avril 2026

4,39 %

Publié (BOFiP, actualité du 13 mai 2026)

30 avril au 30 mai 2026

4,37 %

Publié (BOFiP)

31 mai au 29 juin 2026

4,34 %

Publié (BOFiP)

30 juin au 29 septembre 2026

≈ 4,33 %

Calculé par nos soins selon la formule BOFiP à partir des TEMP publiés au JO (dont T2 2026 du 26 juin 2026) — sous réserve de la confirmation officielle à paraître

 

Précision importante : le plafond se vérifie compte courant par compte courant. Aucune compensation n’est possible entre un compte rémunéré au-dessus du plafond et un autre rémunéré en dessous (BOFiP, BOI-BIC-CHG-50-50-30). Et le taux se respecte à la décimale : 4,60 % quand le plafond est à 4,55 %, c’est une réintégration.

Comment ce taux est-il calculé ?

La règle vient de l’article 39, 1-3° du Code général des impôts : les intérêts servis aux associés sont déductibles dans la limite de la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises, d’une durée initiale supérieure à deux ans (le « TEMP » ou « TMP »). Ce n’est donc pas un taux fixé discrétionnairement par l’administration : c’est un indicateur de marché, établi par la direction générale du Trésor et publié chaque trimestre dans les avis au Journal officiel, puis repris au BOFiP.

Pour un exercice qui coïncide avec l’année civile, le plafond est simplement la moyenne des quatre TEMP trimestriels de l’année. Pour un exercice décalé, chaque trimestre est pondéré par le nombre de mois qu’il couvre dans l’exercice (BOFiP, BOI-BIC-CHG-50-50-30, § 60 et suivants).

Exemple réel : exercice clos le 30 juin 2026

Un exercice de 12 mois ouvert le 1er juillet 2025 et clos le 30 juin 2026 couvre exactement quatre trimestres civils, dont les TEMP sont tous connus : 4,36 % (T3 2025), 4,30 % (T4 2025), 4,31 % (T1 2026) et 4,35 % (T2 2026). Le plafond ressort donc à : (4,36 + 4,30 + 4,31 + 4,35) / 4 = 4,33 %.

Les TEMP trimestriels publiés au Journal officiel

Pour ceux qui veulent recalculer eux-mêmes leur plafond — exercice décalé, exercice de durée différente de 12 mois — voici la série des taux trimestriels de référence :

Trimestre

TEMP

Publication

1er trimestre 2025

4,92 %

JO du 28 mars 2025

2e trimestre 2025

4,60 %

JO (avis trimestriel)

3e trimestre 2025

4,36 %

JO (avis trimestriel)

4e trimestre 2025

4,30 %

JO du 22 décembre 2025

1er trimestre 2026

4,31 %

Avis ECOT2608249V, JO du 27 mars 2026

2e trimestre 2026

4,35 %

Avis du 26 juin 2026, JO — dernier taux connu

 

À noter : la moyenne des quatre trimestres 2025 (4,92 + 4,60 + 4,36 + 4,30) / 4 redonne exactement le plafond de 4,55 % applicable aux clôtures du 31 décembre 2025 — c’est la vérification que nous faisons à chaque publication.

Que se passe-t-il si le taux servi dépasse le plafond ?

Rien n’interdit juridiquement de rémunérer un compte courant au-delà du taux maximum. Mais fiscalement, la fraction excédentaire d’intérêts n’est pas déductible : elle est réintégrée de manière extra-comptable au résultat de la société (ligne WQ du tableau 2058-A de la liasse fiscale), tout en restant imposable entre les mains de l’associé. Autrement dit, cette fraction est imposée deux fois.

Exemple : un compte courant de 100 000 € rémunéré à 5 % pour un exercice clos le 31 décembre 2025 (plafond : 4,55 %). La société verse 5 000 € d’intérêts, n’en déduit que 4 550 €, et réintègre 450 € — qui seront malgré tout imposés chez l’associé au PFU de 31,4 % en 2026. Une convention indexée sur « le taux maximum fiscalement déductible » évite ce frottement par construction.

Le plafond ne suffit pas : les deux autres conditions

Respecter le taux ne sert à rien si les deux autres conditions de déductibilité ne sont pas remplies : le capital social doit être entièrement libéré (tant qu’il ne l’est pas, aucun intérêt de compte courant n’est déductible), et une convention écrite est en pratique indispensable pour sécuriser le taux, les modalités et la preuve en cas de contrôle. Pour les avances entre sociétés liées, l’article 212 du CGI ajoute sa propre limite (taux de l’article 39, 1-3° ou taux de pleine concurrence s’il est supérieur, preuve à l’appui).

Pour le fonctionnement complet du mécanisme — remboursement, convention, blocage bancaire, abandon avec clause de retour à meilleure fortune —, consultez notre guide complet du compte courant d’associé. [LIEN VERS https://audit-experts.fr/compte-courant-associe/]

L’optimisation méconnue : l’option pour le taux du trimestre de clôture

Le BOFiP (BOI-BIC-CHG-50-50-30, § 40) ouvre une option utile aux sociétés qui clôturent en cours de trimestre : retenir, si c’est plus favorable, le taux du trimestre dans lequel se trouvent les derniers mois de l’exercice, plutôt que le taux calculé par la formule standard. Avec un TEMP T2 2026 (4,35 %) légèrement supérieur au T1 (4,31 %), cette option retrouve de l’intérêt pour certaines clôtures du printemps 2026 — un arbitrage à faire au cas par cas avant le dépôt de la liasse, et typiquement le genre de vérification que nous intégrons à nos travaux de clôture.

Questions fréquentes sur le taux maximum

Quel est le taux maximum du compte courant d’associé en juillet 2026 ?

4,55 % pour un exercice de 12 mois clos le 31 décembre 2025, 4,34 % pour une clôture entre le 31 mai et le 29 juin 2026, et environ 4,33 % (calcul selon la formule BOFiP, sous réserve de confirmation officielle) pour les clôtures du 30 juin au 29 septembre 2026.

Où le taux officiel est-il publié ?

Les TEMP trimestriels paraissent dans les avis au Journal officiel (dernier en date : avis du 26 juin 2026 pour le 2e trimestre), puis l’administration publie les plafonds par date de clôture au BOFiP, référence BOI-BIC-CHG-50-50-30.

Le taux est-il le même pour toutes les sociétés ?

Oui : SARL, SAS, SASU, SCI, SEL, à l’IS comme à l’IR, toutes appliquent le même plafond. Seule la date de clôture de l’exercice fait varier le taux applicable.

Que risque-t-on en cas de dépassement ?

La fraction excédentaire d’intérêts est réintégrée au résultat fiscal de la société (ligne WQ du 2058-A) alors qu’elle reste imposable chez l’associé : elle subit une double imposition.

Peut-on indexer la convention de compte courant sur le taux maximum ?

Oui, et c’est même la rédaction la plus sûre : une clause fixant le taux « au taux maximum fiscalement déductible visé à l’article 39, 1-3° du CGI » rend tout dépassement impossible par construction.

Quand le prochain taux sera-t-il connu ?

Le TEMP du 3e trimestre 2026 paraîtra au Journal officiel fin septembre 2026. Il permettra de figer les plafonds des exercices clos à compter du 30 septembre 2026. Cette page sera mise à jour à ce moment-là.

Le plafond s’applique-t-il aussi aux avances d’une holding à sa filiale ?

Oui, et l’article 212 du CGI s’y ajoute pour les entreprises liées : la société peut retenir le taux de pleine concurrence s’il est supérieur au plafond, à condition d’en apporter la preuve.

 

Sources : article 39, 1-3° du Code général des impôts ; article 212 du CGI ; BOFiP, BOI-BIC-CHG-50-50-30 (actualités des 28 janvier et 13 mai 2026) ; avis relatifs à l’usure et aux taux effectifs moyens publiés au Journal officiel (27 mars 2026 et 26 juin 2026 notamment).

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