Facturation électronique obligatoire : obligations, calendrier, sanctions et erreurs à éviter

Le guide du dirigeant : qui doit recevoir et émettre, à quelle date, par quel circuit, ce que vous risquez réellement et comment vous mettre en conformité sans désorganiser l’entreprise.

Par Frédéric Janvier, expert-comptable, président d’Audit Experts (Paris 8e). Publié le 6 avril 2026, mis à jour le 27 octobre 2026.

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Mise à jour de septembre 2026 : ce qui a changé depuis la vidéo. La vidéo a été tournée au printemps. Depuis, les textes et la doctrine ont précisé plusieurs points, et c’est cet article qui fait foi. La réception est obligatoire depuis le 1er septembre 2026. L’amende par facture non émise électroniquement est de 50 € (et non 15 €) et vise l’émetteur. La mise en demeure pour défaut de réception laisse trois mois pour se conformer. Les 40 € évoqués pour un retard de paiement sont l’indemnité forfaitaire due au fournisseur, pas une amende fiscale. Enfin, une facture reçue hors plateforme ne fait pas perdre automatiquement la TVA : elle reste déductible si l’opération est réelle et la facture complète.

L’essentiel en trente secondes

  • Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA établie en France doit pouvoir recevoir ses factures électroniques par une plateforme agréée. Micro-entreprises, franchise en base, professions exonérées, SCI et LMNP dotés d’un SIREN compris.
  • Les grandes entreprises et les ETI émettent électroniquement depuis la même date. Les PME, TPE et micro-entreprises émettront à partir du 1er septembre 2027.
  • Le portail public ne transporte aucune facture : tout passe par une plateforme agréée, guidée par un annuaire national.
  • Sanctions : 50 € par facture non émise électroniquement, 500 € par transmission de données manquante, et un mécanisme de mise en demeure pour la réception. Aucune sanction annoncée en 2026 pour les entreprises de bonne foi — ce n’est pas un report.
  • Le vrai risque est opérationnel : factures fournisseurs qui n’arrivent pas, retards de paiement, doublons, TVA mal déduite.
Facturation électronique obligatoire en entreprise : obligations, calendrier et sanctions
La réforme change le circuit des factures entre entreprises, pas les règles de fond de la TVA.

Qu’est-ce que la facturation électronique au sens de la réforme ?

En bref : une facture électronique n’est pas un PDF envoyé par courriel. C’est une facture émise dans un format structuré, transmise d’une plateforme agréée à une autre, et dont les données sont communiquées à l’administration fiscale.

Le mot trompe. Beaucoup de dirigeants pensent être « déjà en facture électronique » parce qu’ils envoient leurs factures en PDF depuis des années. Au sens de l’article 289 bis du Code général des impôts, ce n’est pas le cas. La facture électronique réglementaire réunit trois conditions : elle est produite dans un format de données structuré, elle circule obligatoirement par des plateformes agréées par l’administration, et une partie de ses données remonte à la DGFiP.

On passe d’un document que l’on s’échange librement à un flux de données encadré. C’est ce changement de nature — pas un changement de logiciel — qui explique l’ampleur de la réforme.

Deux obligations distinctes : e-invoicing et e-reporting

Le e-invoicing concerne les factures échangées entre deux assujettis à la TVA établis en France. Ce sont elles qui doivent passer par le circuit des plateformes. Le e-reporting concerne tout le reste : ventes aux particuliers, opérations avec des clients ou fournisseurs étrangers, et certaines données de paiement. Là, pas de facture électronique à échanger, mais des données à transmettre à l’administration.

Ensemble, ces deux mécanismes donnent à l’administration une vision quasi complète et rapide de l’activité des entreprises. C’est l’objectif affiché : lutter contre la fraude à la TVA et, à terme, préremplir les déclarations.

Quel est le calendrier de la facturation électronique ?

En bref : réception obligatoire pour tous depuis le 1er septembre 2026 ; émission et e-reporting pour les grandes entreprises et les ETI à la même date ; émission et e-reporting pour les PME, TPE et micro-entreprises le 1er septembre 2027. Le calendrier a été fixé par l’article 91 de la loi de finances pour 2024.

Calendrier de la facturation électronique Depuis le 1er septembre 2026, réception obligatoire pour toutes les entreprises et émission pour les grandes entreprises et ETI. Au 1er septembre 2027, émission pour les PME, TPE et micro-entreprises. 1er sept. 2026 1er sept. 2027 Réception : toutes les entreprises Émission + e-reporting : grandes entreprises et ETI Émission + e-reporting : PME, TPE et micro-entreprises Nous sommes ici : réception en vigueur, émission des PME dans un an
Le calendrier en deux dates. Source : article 91 de la loi n° 2023-1322 de finances pour 2024.
DateRéceptionÉmission et e-reporting
1er septembre 2026Toutes les entreprises assujetties établies en FranceGrandes entreprises, ETI et membres d’un assujetti unique (groupe TVA)
1er septembre 2027Déjà applicablePME, TPE et micro-entreprises

Comment savoir dans quelle catégorie tombe votre société ?

C’est la question qui fait gagner ou perdre un an. La catégorie ne se déduit pas de l’effectif seul, et elle ne s’apprécie pas au niveau du groupe.

CatégorieCritères
PME (dont micro-entreprises)Moins de 250 personnes, et chiffre d’affaires ≤ 50 M€ ou total de bilan ≤ 43 M€
ETIN’est pas une PME, moins de 5 000 personnes, et chiffre d’affaires ≤ 1 500 M€ ou total de bilan ≤ 2 000 M€
Grande entreprise5 000 personnes ou plus, ou chiffre d’affaires > 1 500 M€ et total de bilan > 2 000 M€

Trois précisions, souvent absentes des guides en ligne :

  • Chaque SIREN a sa propre échéance. La catégorie s’apprécie au niveau de l’unité légale, pas du groupe consolidé. Une filiale de 60 salariés d’un grand groupe reste une PME ; la holding et ses filiales peuvent relever de dates différentes.
  • La photo est figée. On retient le dernier exercice clos avant le 1er janvier 2025 (ou, à défaut, le premier exercice clos après). Une croissance en 2025 ou 2026 ne change pas votre date.
  • Attention au piège de l’effectif. Une société de 180 salariés dont le chiffre d’affaires dépasse 50 M€ et le bilan 43 M€ n’est pas une PME : c’est une ETI, et elle émet depuis septembre 2026.

Enfin, les membres d’un assujetti unique au sens de l’article 256 C du CGI suivent le calendrier de 2026, quelle que soit leur taille.

Qui est concerné par la facturation électronique, profil par profil ?

En bref : sont dans le champ les entités qui ont un SIREN et la qualité d’assujetti à la TVA, qu’elles soient redevables ou non. Exonérer une opération ne fait pas sortir la personne du dispositif.

C’est le critère qui déroute le plus. Être « exonéré de TVA » ou « en franchise » ne veut pas dire « non assujetti ». L’assujetti est celui qui exerce une activité économique de manière indépendante ; le redevable est celui qui collecte effectivement la taxe. La réforme vise les assujettis.

ProfilRéception depuis sept. 2026Émission
Société commerciale (SAS, SARL, SA…)Oui2026 ou 2027 selon la catégorie
Micro-entrepreneur, franchise en baseOuiSept. 2027
Profession libérale soumise à TVA (avocat, conseil…)OuiSept. 2027 (si PME)
Médecin, SELARL de santé (actes exonérés)Oui : l’exonération porte sur les actes, pas sur la personneNon pour les actes de soins exonérés ; oui pour d’éventuelles prestations taxables
SCI de location nue, LMNP (avec SIREN)Oui, pour les factures de ses fournisseursNon pour les loyers d’habitation exonérés
SCI ayant opté pour la TVA (locaux professionnels)OuiOui sur les loyers facturés aux professionnels
Holding animatrice (facture des prestations)OuiSelon sa propre catégorie
Holding purement passiveEn principe non : pas d’activité économique, donc pas assujettieNon
Association avec activité économique taxableOuiSelon sa catégorie
ParticulierNonNon
Le cas du dirigeant multi-structures. Une société d’exploitation, une holding et une SCI, c’est trois SIREN, donc trois adresses de réception à organiser — et parfois trois calendriers d’émission. C’est l’un des points que nous vérifions systématiquement.

Pour les SCI et LMNP, la DGFiP a rappelé que l’entrée dans le dispositif repose sur deux critères cumulatifs : disposer d’un SIREN et avoir la qualité d’assujetti, même exonéré. Une SCI familiale de location nue doit donc pouvoir recevoir les factures de son syndic, de ses artisans ou de son expert-comptable, sans avoir rien à émettre sur ses loyers. Pour les professions de santé, voir aussi notre article sur les vérifications à faire si votre entreprise n’est pas prête.

Comment circule une facture électronique ?

En bref : votre logiciel prépare la facture, votre plateforme agréée l’émet, l’annuaire indique la plateforme de votre client, qui la reçoit ; les données utiles partent vers l’administration par le concentrateur public.

Circuit d’une facture électronique Le fournisseur émet via sa plateforme agréée, qui consulte l’annuaire puis transmet à la plateforme agréée du client. Les données partent vers la DGFiP via le concentrateur du portail public. Fournisseurlogiciel de facturation Plateforme agrééedu fournisseur Plateforme agrééedu client Clientsa comptabilité Annuaireoù envoyer la facture ? Concentrateurdonnées vers la DGFiP Le portail public tient l’annuaire et le concentrateur ; il ne transporte aucune facture.
Le circuit « en Y » retenu par la France depuis la réorientation du projet en octobre 2024.

Plateforme agréée, solution compatible, portail public : qui fait quoi ?

La plateforme agréée (anciennement appelée PDP) est immatriculée par l’administration. Elle seule peut émettre, transmettre et recevoir les factures réglementaires, et envoyer les données au fisc. La liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr.

La solution compatible — souvent votre logiciel comptable ou de facturation — sert d’interface. Elle peut très bien convenir, à condition d’être raccordée à une plateforme agréée clairement identifiée.

Le portail public de facturation, enfin, a changé de rôle. Le schéma initial en faisait une plateforme gratuite d’échange ; depuis octobre 2024, et la loi de finances pour 2026 l’a acté, il se limite à l’annuaire et à la concentration des données. Beaucoup de pages encore en ligne — y compris la version précédente de celle-ci — présentaient le portail comme une option gratuite. Ce n’est plus exact.

L’annuaire, pièce maîtresse du dispositif

L’annuaire recense les entreprises et leurs adresses de réception. La consultation publique est libre, par SIREN. Votre plateforme l’alimente : c’est elle qui déclare votre adresse et qui la corrige. Vous choisissez le niveau d’adressage (SIREN, SIRET ou code de routage) selon votre organisation.

Qu’est-ce que le e-reporting et qui doit le faire ?

En bref : le e-reporting consiste à transmettre à l’administration, via sa plateforme, les données des opérations qui ne passent pas par une facture électronique domestique : ventes aux particuliers, opérations internationales, et données de paiement pour certaines prestations.

Il suit le même calendrier que l’émission : 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, 2027 pour les autres. Trois familles de données sont concernées :

  • les ventes aux particuliers (B2C) : pas de facture électronique à émettre au client, mais des données agrégées à transmettre ;
  • les opérations avec l’étranger : acquisitions et livraisons intracommunautaires, exportations, prestations de services avec des clients ou fournisseurs non établis en France ;
  • les données de paiement pour les opérations dont la TVA est exigible à l’encaissement, c’est-à-dire essentiellement les prestations de services.

La périodicité de transmission dépend du régime d’imposition à la TVA. Pour un commerce, un restaurant ou un cabinet qui facture majoritairement des particuliers, c’est le e-reporting — plus que le e-invoicing — qui va structurer la préparation de 2027.

Sur les échanges intracommunautaires, qui obéissent par ailleurs à leurs propres déclarations, voir notre guide sur la TVA intracommunautaire et les déclarations EMEBI et DES.

Formats, mentions et statuts : ce qui change sur la facture

En bref : trois formats structurés, quatre mentions nouvelles, et des statuts qui suivent la facture de son dépôt à son encaissement.

Les trois formats du socle

FormatNaturePour qui, en pratique
Factur-XPDF lisible par l’humain, avec un fichier XML structuré embarquéPME et TPE : transition la plus douce
UBLXML pur, conforme à la norme européenne EN 16931Entreprises dont les flux sortent d’un ERP
CIIXML pur (Cross Industry Invoice), conforme à EN 16931Groupes et échanges industriels

Vous n’avez pas à choisir vous-même : votre plateforme gère le format et, si besoin, la conversion.

Quatre mentions nouvelles

La réforme ajoute aux mentions habituelles le numéro SIREN du client, l’adresse de livraison des biens si elle diffère de l’adresse de facturation, la nature des opérations (livraison de biens, prestation de services ou les deux) et, le cas échéant, la mention de l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits. Vérifiez que vos modèles de facture et vos fiches clients les intègrent, y compris avant 2027 : la mise à jour des fichiers clients prend souvent plus de temps que prévu.

Les statuts de cycle de vie

Chaque facture porte désormais des statuts qui retracent son parcours : déposée, reçue, rejetée par une plateforme, refusée par l’acheteur, approuvée, payée, encaissée… Certains sont obligatoires. Deux distinctions sont essentielles pour la trésorerie : un rejet est un incident technique (format, donnée manquante, adresse introuvable) ; un refus est une décision motivée de l’acheteur, réservée à des cas précis et qui ne sert pas à régler un litige commercial.

Côté fournisseur, ces statuts sont un outil précieux : une facture reçue et approuvée mais toujours pas payée à l’échéance est un impayé, et vous le savez sans attendre la fin du mois. C’est le bon moment pour enclencher les relances, puis, si nécessaire, les démarches décrites dans notre guide pour récupérer une facture impayée.

Quelles sanctions pour la facturation électronique, et que couvre la tolérance de 2026 ?

En bref : la loi de finances pour 2026 a fixé les amendes : 50 € par facture non émise électroniquement, 500 € par transmission de données manquante, et une mise en demeure de trois mois avant toute amende pour défaut de réception. Le Gouvernement a annoncé qu’aucune sanction ne serait appliquée en 2026 aux entreprises de bonne foi.

ManquementSanctionTexte
Absence de plateforme agréée pour la réceptionMise en demeure de 3 mois, puis 500 € ; nouvelle mise en demeure, puis 1 000 € après chaque période de 3 mois de persistance. Pas de plafond annuel.CGI, art. 1737, IV bis
Facture non émise sous forme électronique50 € par facture, plafonné à 15 000 € par année civile (15 € avant la loi de finances pour 2026)CGI, art. 1737
Données de transaction ou de paiement non transmises500 € par transmission, plafonné à 15 000 € par année civile (250 € auparavant)CGI, art. 1788 D

Les amendes d’émission ne s’appliquent pas à une première infraction commise sur l’année en cours et les trois précédentes, lorsqu’elle est réparée spontanément ou dans les trente jours suivant la première demande de l’administration (article 1737, V). L’amende pour défaut de réception a son propre mécanisme de mise en demeure.

La tolérance de 2026 : ce qu’elle est, et ce qu’elle n’est pas

Le 1er septembre 2026, le ministère a présenté le démarrage comme un coup d’envoi et non une date couperet, en annonçant qu’aucune sanction ne serait appliquée en 2026. Le guide de démarrage publié par la DGFiP en juillet précise l’esprit de cette tolérance : elle bénéficie aux entreprises qui rencontrent des difficultés réelles, documentées et suivies d’actions de correction. Elle ne couvre ni l’inertie, ni le refus d’entrer dans le dispositif, ni le blocage des paiements sous prétexte de réforme.

À retenir : la tolérance est une orientation administrative, pas une disposition de la loi. Le calendrier n’est ni reporté ni suspendu. Ce qui vous protège, ce sont les preuves de vos démarches.

Le détail de la conduite à tenir — factures reçues en PDF, preuves à conserver, plan d’action — est dans notre article dédié : entreprise pas prête pour la facturation électronique : les 4 vérifications à faire.

Les vrais risques pour une entreprise mal préparée

En bref : l’amende est rarement le premier problème. Le premier problème, c’est la facture fournisseur qui n’arrive jamais, et tout ce qui s’ensuit dans la trésorerie et la comptabilité.

Des factures fournisseurs qui n’arrivent pas

Vos fournisseurs grands comptes et ETI émettent déjà électroniquement. Si votre adresse de réception n’est pas active, leur plateforme ne sait pas où livrer. Selon leur organisation, ils vous renverront un PDF… ou pas. L’échéance, elle, continue de courir — avec les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 euros par facture prévues par le Code de commerce (articles L.441-10 et D.441-5).

La TVA déductible : le risque existe, mais il est souvent mal décrit

Beaucoup d’articles affirment qu’une facture « non conforme » fait perdre la TVA. C’est plus nuancé. Selon le guide de démarrage de la DGFiP, le seul fait qu’une facture n’ait pas emprunté le circuit électronique ne prive pas automatiquement du droit à déduction, qui reste apprécié selon les conditions habituelles (article 271 du CGI). Le vrai danger est ailleurs : une facture jamais reçue est une TVA jamais déduite ; une facture reçue deux fois par deux canaux peut être déduite deux fois. Dans les deux cas, c’est la déclaration de TVA qui est fausse.

Des comptes incomplets et une clôture qui dérape

Charges manquantes, fournisseurs non lettrés, doublons à retraiter : une réception mal organisée se paie à la clôture de l’exercice, en temps et en honoraires.

Un contrôle mieux ciblé

Avec des données transmises au fil de l’eau, l’administration croise plus vite TVA collectée, TVA déduite et chiffre d’affaires. Les incohérences structurelles — un client qui déduit une TVA que son fournisseur n’a jamais déclarée, par exemple — deviennent visibles bien plus tôt qu’avant. La rigueur de facturation devient une discipline permanente, plus un exercice annuel.

Le revers positif

Pour l’entreprise préparée, la réforme a de vrais bénéfices : factures intégrées sans ressaisie, suivi des statuts en temps réel, relances mieux ciblées, délais de paiement raccourcis. La facturation devient un outil de pilotage de la trésorerie, pas seulement une obligation : des encaissements mieux connus, c’est un prévisionnel de trésorerie plus fiable.

Comment choisir sa plateforme agréée ?

En bref : vérifiez d’abord qu’une plateforme n’a pas déjà été désignée pour vous. Ensuite, choisissez sur la compatibilité avec vos outils et votre organisation, pas sur le seul prix.

Il existe aujourd’hui plus d’une centaine de plateformes immatriculées, dont beaucoup proposent la réception gratuite ou presque. Le prix d’appel n’est donc plus le sujet. Les bonnes questions sont les suivantes :

CritèreLa question à poser
Désignation existanteMon éditeur, ma banque ou mon expert-comptable a-t-il déjà activé une plateforme pour moi ?
IntégrationLes factures reçues arrivent-elles dans ma comptabilité sans ressaisie ?
Circuit de validationPuis-je organiser un bon à payer à plusieurs niveaux ?
Multi-entitésPuis-je gérer holding, filiales et SCI dans un même espace, avec des droits séparés ?
Émission 2027La même solution gérera-t-elle mon émission et mon e-reporting l’an prochain ?
Avoirs et rejetsLes avoirs, factures rectificatives et rejets sont-ils suivis et rattachés ?
Archivage et portabilitéCombien de temps mes pièces sont-elles conservées, et comment je les récupère si je pars ?
AssistanceQui intervient en cas de rejet ou de panne, et sous quel délai ?

Un conseil de terrain : faites passer une vraie facture de bout en bout avant de vous engager. Une démonstration montre ce que l’outil sait faire ; un test montre ce qu’il fait chez vous.

Se mettre en conformité en huit étapes

En bref : sécuriser la réception tout de suite, puis préparer l’émission de 2027 sans attendre l’été prochain.

  1. Consulter l’annuaire avec le SIREN de chacune de vos sociétés : une plateforme est-elle désignée, une adresse est-elle active ?
  2. Déterminer la catégorie de chaque entité sur le dernier exercice clos avant le 1er janvier 2025, et donc sa date d’émission.
  3. Cartographier les flux : achats, ventes entre professionnels, ventes aux particuliers, opérations internationales, encaissements.
  4. Retenir ou confirmer une plateforme agréée, en évitant les doubles souscriptions.
  5. Paramétrer : niveau d’adressage, mentions nouvelles, fiches clients avec SIREN, circuit de validation, avoirs.
  6. Tester la réception, puis l’émission sur quelques clients volontaires : rien n’interdit à une PME d’entrer dans le dispositif avant 2027.
  7. Former les équipes et écrire les procédures : factures reçues en PDF, rejets, refus, doublons.
  8. Documenter : contrats, tests, incidents, tickets d’assistance. C’est ce qui démontre votre bonne foi.

Les dix erreurs que nous voyons le plus souvent

En bref : presque toutes viennent d’une confusion entre « avoir un logiciel » et « être raccordé au dispositif ».

  1. Croire qu’un PDF est une facture électronique. Ce n’en est pas une au sens de la réforme.
  2. Attendre 2027 pour s’occuper de la réception. Elle est obligatoire depuis septembre 2026, pour tous.
  3. Compter sur le portail public gratuit. Il ne transporte plus de factures.
  4. Confondre solution compatible et plateforme agréée. Il faut savoir quelle plateforme est derrière son logiciel.
  5. Souscrire deux plateformes sans le savoir — l’une via l’éditeur, l’autre via la banque.
  6. Se fier à l’effectif pour sa catégorie. Le chiffre d’affaires et le bilan comptent aussi.
  7. Oublier les « petites » structures : SCI, holding animatrice, activité LMNP.
  8. Choisir un mauvais niveau d’adressage, qui envoie toutes les factures au siège.
  9. Bloquer le paiement d’une facture reçue en PDF au lieu de la traiter normalement et d’éviter le doublon.
  10. Ne rien documenter. Sans traces, la tolérance ne joue pas.

Ce que nous vous remettons

Notre mission facturation électronique aboutit à des livrables concrets, pour chacune de vos sociétés :

  • la cartographie de vos entités, de leur catégorie et de leur date d’émission ;
  • l’état de leur fiche annuaire et les corrections d’adressage à demander ;
  • un avis indépendant sur la plateforme adaptée à votre organisation — le cabinet ne vend pas de plateforme ;
  • la liste des mises à jour à faire dans vos modèles de facture et vos fichiers clients ;
  • les procédures écrites (PDF, rejets, doublons) et un registre de preuves prêt à l’emploi ;
  • un rétroplanning pour l’émission et le e-reporting de 2027.

Demander un diagnostic

Questions fréquentes sur la facturation électronique

La facturation électronique est-elle obligatoire pour toutes les entreprises ?

Oui pour la réception : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA établie en France doit pouvoir recevoir ses factures électroniques par une plateforme agréée. L’émission est obligatoire depuis la même date pour les grandes entreprises et les ETI, et le sera le 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.

Comment savoir si mon entreprise est une PME ou une ETI pour la réforme ?

La catégorie s’apprécie société par société, au niveau du SIREN, sur le dernier exercice clos avant le 1er janvier 2025. Une PME compte moins de 250 personnes et réalise un chiffre d’affaires d’au plus 50 millions d’euros ou un total de bilan d’au plus 43 millions d’euros. La catégorie est figée : une croissance ultérieure ne change pas la date.

Une entreprise en franchise en base de TVA est-elle concernée ?

Oui. Elle ne facture pas de TVA mais reste assujettie. Elle doit pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 et devra émettre les siennes à partir du 1er septembre 2027.

Une SCI ou un loueur en meublé non professionnel doit-il recevoir des factures électroniques ?

Dès lors qu’il dispose d’un SIREN et a la qualité d’assujetti, même exonéré, il entre dans le champ de la réception. Les loyers d’habitation exonérés ne donnent en revanche lieu ni à émission de facture électronique ni à e-reporting.

Le portail public de facturation permet-il d’envoyer des factures gratuitement ?

Non. Depuis la réorientation du projet annoncée en octobre 2024, le portail public ne permet plus d’émettre ni de recevoir des factures. Il tient l’annuaire et centralise les données transmises à l’administration. L’échange des factures passe obligatoirement par une plateforme agréée.

Un PDF envoyé par courriel est-il encore une facture valable ?

Un PDF simple n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. Mais selon le guide de démarrage de la DGFiP, une facture reçue en PDF qui correspond à une opération réelle et comporte les mentions nécessaires peut être traitée, payée, et sa TVA déduite. Le fournisseur tenu d’émettre électroniquement reste, lui, en manquement.

Quels formats de facture électronique sont acceptés ?

Les trois formats du socle sont Factur-X (un PDF lisible embarquant un fichier XML), UBL et CII, tous conformes à la norme européenne EN 16931. La plateforme agréée se charge de la conversion si nécessaire.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

50 euros par facture non émise électroniquement et 500 euros par transmission de données manquante, dans la limite de 15 000 euros par an pour chacune. Pour la réception, une mise en demeure de trois mois précède une amende de 500 euros puis de 1 000 euros par trimestre de retard. Le Gouvernement a annoncé qu’aucune sanction ne serait appliquée en 2026.

Faut-il changer de logiciel comptable ?

Pas nécessairement. Il faut vérifier que votre logiciel est lui-même plateforme agréée ou qu’il est raccordé à une plateforme agréée, et que les factures reçues s’intègrent sans ressaisie dans votre comptabilité.

Une holding est-elle concernée par la facturation électronique ?

Une holding animatrice qui facture des prestations à ses filiales est assujettie et pleinement concernée, en réception comme en émission. Une holding purement passive, qui se borne à détenir des titres, n’a en principe pas la qualité d’assujetti. Chaque société du groupe s’analyse séparément, avec son propre calendrier.

Sources officielles

Textes de référence : CGI, art. 289 bis, 290, 290 A, 1737 et 1788 D ; loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, art. 91 ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 123. Les règles de TVA du CGI citées dans cet article (notamment les articles 256 C, 271 et 289 bis) doivent être transférées dans le Code des impositions sur les biens et services au 1er janvier 2027, en application de l’ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, dont l’entrée en vigueur a été reportée par l’ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026 ; les références au CGI restent valables pendant la période de transition. Article à jour au 27 octobre 2026, à vocation d’information générale : chaque situation s’apprécie selon l’activité, les flux et l’organisation de l’entreprise.

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